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Louis XI

Louis XI, dont la personnalité complexe a incontestablement joué un rôle majeur dans la construction d’un état moderne, son règne marque une période charnière entre la fin du Moyen-Âge et la Renaissance
I – La famille de Louis XI
Louis XI n’a pu connaître son grand-père paternel, Charles VI, ni sa grand-mère paternelle, la reine Isabeau, morte à Paris le 24 septembre 1435, avant la reprise de la ville par les royaux. La famille d’Isabeau, les Wittelsbach, semble n’avoir joué aucun rôle dans la vie de Louis. Son grand-père maternel, Louis II d’Anjou, était mort en 1417, mais sa femme, Yolande d’Aragon, n’est morte qu’en 1442, alors que Louis avait 19 ans il a donc bien connu cette grand-mère.
On connaît ce qu’ont été les relations de Louis avec son père le roi Charles VII. Il a manifesté, dans les mots, une grande révérence à l’égard de sa mère, Marie d’Anjou, morte le 29 novembre 1463.
Louis n’avait plus d’oncle paternel. Parmi ses tantes, sœurs de Charles VII, il n’a pu connaître que Jeanne, épouse du duc de Bretagne Jean V et mère du duc François 1er, morte en 1433. Catherine de France, veuve de Henri V d’Angleterre, s’était remariée en Angleterre avec Owen Tudor et y est morte en 1438. Mais si Louis appelle le duc de Bourgogne Philippe le Bon «mon cousin », c’ est que ce dernier avait été marié en premières noces à une autre fille de Charles VI, Michelle, morte en 1422. Et s’il appelle également le duc Charles d’Orléans «mon oncle», c’est que ce prince avait épousé en premières noces Isabelle de France, aussi fille de Charles VI, veuve du roi d’Angleterre Richard II, et morte en 1409. En revanche, le roi a très bien connu ses oncles du côté maternel, les princes d’Anjou. Louis III, l’aîné, est mort dès 1434, mais René «roi de Sicile », duc d’Anjou et comte de Provence, a été un oncle d’abord vénéré, puis soupçonné et même poursuivi, avant une réconciliation tardive et intéressée de part et d’autre. Charles, comte du Maine, déjà conseiller de Charles VII, a été « conservé » par Louis, du moins jusqu’à son rôle équivoque en 1465 lors de la guerre du Bien Public.
Louis XI n’a eu qu’un frère légitime, Charles, duc de Berry, puis de Normandie, puis de Guyenne, qui lui a causé beaucoup d’ennuis avant de mourir en 1472 sans postérité. Après la mort de Radegonde de France en 1445, il lui restait quatre sœurs, également légitimes : Catherine, morte à vingt ans en 1448, alors qu’elle était mariée à Charles de Bourgogne, comte de Charolais; Jeanne, épouse du duc de Bourbon Jean II ; Yolande, épouse du duc de Savoie Amédée IX; Madeleine, épouse du prince de Navarre Gaston, qui est la seule à avoir survécu à son frère. Le roi avait aussi trois sœurs illégitimes, filles de Charles VII et d’Agnès Sorel : Charlotte, mariée à Jacques de Brézé, fils du grand sénéchal Pierre ; Marie, mariée à Olivier de Coëtivy, seigneur de Taillebourg, à qui le roi écrivit fréquemment ; Jeanne, mariée à Antoine de Bueil. Au total, le roi a pu, de son côté, appeler « mon frère » huit personnages, un frère et sept beaux-frères, sans compter les alliés.
Les cousins germains se répartissent donc inégalement. Du côté paternel, on ne peut guère compter que François Ier, duc de Bretagne, fils, comme on l’a vu, d’une sœur de Charles VII, Jeanne de France, mais qui est mort en 1450. Cousin germain également, le malheureux roi d’Angleterre, chef de la maison de Lancastre, Henri VI, fils de Catherine, autre tante de Louis XI. Du côté maternel, ce sont les enfants d’Anjou, enfants du roi René ou de Charles du Maine, à savoir : Jean, titré duc de Calabre, duc de Lorraine, et prétendant au principat de Catalogne, mort dès 1470, Marguerite d’Anjou, épouse de Henri VI roi d’Angleterre, et véritable chef de la maison de Lancastre en Angleterre, morte en 1482, Louise, mariée au duc de Nemours, Jacques d’Armagnac et Yolande, comtesse de Vaudémont et duchesse de Lorraine. La descendance du Maine est représentée par Charles II qui sera le dernier rejeton mâle légitime de la maison d’Anjou par les mâles et par son demi-frère, Louis, le bâtard du Maine, légitimé par le roi en 1468.
Les enfants légitimes de Louis XI ayant survécu sont au nombre de trois. L’aînée, Anne, née en 1460, mariée en 1473 à Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu. La cadette, Jeanne, infirme et contrefaite, a été imposée comme épouse au jeune duc d’Orléans, Louis. Quant au fils, le dauphin Charles, né le 30 juin 1470, il fut élevé loin de son père à Amboise. Le roi avait deux filles illégitimes. Il maria Jeanne, en 1465, au bâtard de Bourbon, demi-frère du duc Jean, nommé amiral en 1466, qui devint l’un de ses fidèles. Marie, qui avait épousé en 1467 Aymar de Poitiers, disparut dès 1469.
Les neveux et nièces de Louis XI ont donc été : 1 ° les enfants de Yolande et d’Amédée IX de Savoie : Philibert 1er, duc ; Anne, mariée à Frédéric d’Aragon, prince de Tarente; Marie, mariée à Philippe de Hochberg; Louise, mariée à Hugues de Chalon. Ces mariages des enfants de Savoie furent arrangés par le roi selon ses vues. 2° François-Phébus, fils de Madeleine et de Gaston, qui fut comte de Foix et roi de Navarre après son grand-père. 3° Neveux issus des demi-sœurs du roi : Renée de Bueil, mariée à Jean de Bruges ; les quatre fils et les deux filles de Jacques de Brézé, et les deux filles et le fils d’Olivier de Coëtivy, ces derniers certainement les plus chers au roi.
Si Louis XI appelle « mon neveu » son coriace adversaire le duc de Bretagne François II, c’est qu’il compte comme sa belle-sœur Isabelle Stuart, la sœur de sa première femme, Marguerite Stuart, dite d’Écosse, décédée en 1445, et que le «duc» était époux en premières noces de Marie de Bretagne, fille d’Isabelle Stuart.
Parmi les cousins issus de germain de Louis XI, il faut noter le prince de Galles, fils d’Henri VI et Marguerite d’Anjou, tué à Tewkesbury en 1471, Nicolas, duc de Calabre et de Lorraine, et René II, fils de Yolande d’Anjou, duc de Lorraine et vainqueur du Téméraire à Nancy.
Par son mariage avec Charlotte de Savoie, le dauphin Louis avait fait l’acquisition d’une belle-famille nombreuse, remuante et encombrante, la maison de Savoie. La reine Charlotte avait en effet quatre sœurs et six frères. Parmi les frères, Jacques, comte de Romont, servit la maison de Bourgogne, Louis fut roi de Chypre par son mariage, mais le plus en vue fut Philippe, seigneur de Bresse, dit «Sans Terre», que sa carrière tumultueuse vit tantôt adversaire du roi, qui le fit même emprisonner de 1464 à 1466, et s’effraya de le rencontrer à Péronne dans les rangs bourguignons, tantôt allié. Quant aux filles, leurs mariages, une fois de plus, servirent la politique royale. Agnès épousa le comte de Dunois et de Longueville, François d’Orléans ; Bonne fut mariée au duc de Milan, Galéas-Marie Sforza en 1468 ; Marguerite, veuve, fut remariée au fils du connétable et Marie épousa en 1466 le connétable lui-même. Les enfants de ces enfants de Savoie sont évidemment pour le roi autant de neveux et nièces.
Ainsi la maison de Savoie, soit par les sœurs de la reine Charlotte, soit par les filles de la duchesse Yolande, a-t-elle joué un rôle très important dans la stratégie matrimoniale de Louis XI. Elle a procuré au roi dix «frères» supplémentaires. Il n’est pas surprenant que ses membres reviennent fréquemment dans la correspondance du roi qui d’ailleurs, à la fin de son règne, avait réussi à contrôler étroitement la personne du jeune duc et les états de Savoie.
Louis XI donne du « mon cousin » à de nombreuses personnes, dont la parenté avec lui n’est pas toujours évidente, mais apparaîtrait peut-être au terme de recherches généalogiques approfondies.
II – Le Dauphin – 1423-1461
Premières expériences
En 1349, le « Dauphin » de Viennois, Humbert II, avait cédé sa principauté, sise dans le Saint-Empire, le Dauphiné, à l’aîné des petits-fils du roi de France régnant, Philippe VI, à savoir Charles, le futur Charles V. Depuis lors, l’héritier de la couronne de France a porté le titre de «Dauphin de Viennois» et écartelé ses armes de France et de Dauphiné, mais il n’a pas toujours lui-même administré le Dauphiné.
Le DauphinLouis est né le 2 juillet 1423, à Bourges, fils du «roi de Bourges» Charles VII et de sa femme Marie d’Anjou. Il fut prénommé Louis par respect envers saint Louis, en un temps où le roi Charles avait le plus grand besoin de conforter sa légitimité dynastique. Peut-être aussi s ’est-on souvenu des trois princes de la maison d Anjou, dont son grand-père, porteurs de ce nom. Il fut baptisé dans la cathédrale de Bourges et ses parrains furent le duc Jean d Alençon, cousin du roi, et l’évêque Martin Gouge; sa marraine, l’aventureuse Catherine de l’Île-Bouchard. Son éducation, menée loin du roi son père, n ’en fut pas moins très soignée, et il lui doit certainement une part de ses qualités d’expression. Son précepteur fut Jean Majoris, ami de Gerson, à qui il doit sa bonne connaissance du latin. Guillaume d’Avaugour, bailli de Touraine, fut chargé de son éducation militaire et fit de lui, notamment, un excellent cavalier et un homme d’armes averti. Les témoignages sur Louis « monseigneur le Dauphin » enfant sont très favorables : Guy de Laval, en 1429, l’évêque Jouvenel des Ursins, en 1433. Son mariage, le 25 juin 1436, avec Marguerite d’Écosse, fille du roi Jacques 1er Stuart, avait des motifs diplomatiques. Cette même année, le prince reçoit de son père un hôtel particulier avec une dotation financière gérée par une « Chambre aux deniers » administrée par le fidèle Jean Bochetel. Son gouverneur est l ‘austère et dévot comte de la Marche, Bernard d’Armagnac, et Jean Majoris devient son confesseur. Le premier écuyer d’écurie est Joachim Rouault, un militaire, dont le père, chambellan du roi, est tombé à Verneuil. Cette même année 1436, à l’automne, Charles VII emmène son fils dans une grande tournée à la découverte du royaume, un royaume en voie d’apaisement depuis que, en septembre 1435, par le traité d Arras, le roi a mis fin à sa querelle avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon et depuis que, le 13 avril précédent, le connétable Arthur de Richemont est rentré dans Paris, obligeant les Anglais à évacuer la capitale. Le roi et son fils vont ainsi en Berry, en Auvergne, à Lyon, ville fidèle, qui fait à Louis un cadeau de 500 francs d’or. Le début de 1437 les voit en Dauphiné , la future principauté de Louis, où les États de la province lui votent un subside de 10000 florins. Venus en Languedoc, ils séjournent deux mois à Montpellier. La province est alors infestée par les gens d’armes en rupture de ban, dont ceux du célèbre capitaine Rodrigue de Villandrando, qui menace un instant la Touraine. Lorsque le roi pénètre en Auvergne, Rodrigue et ses bandes se sont éclipsés.
Le Dauphin, âgé de quatorze ans, ayant atteint et dépassé l’âge de la majorité royale, fait ses premières armes lors d’une expédition royale, à l’été de 1437, contre des garnisons anglaises se maintenant dans les pays de la Loire. Après la prise de Château-Landon, le Dauphin interdit toute pitié pour les Anglais et les Français de la garnison. Après la prise de Montereau, au contraire, il demande au roi miséricorde pour les Anglais. Le 12 novembre 1437, le roi et le Dauphin font leur entrée solennelle à Paris, tous deux «armés au cler», c ‘est-à-dire en armure découverte. Paris ne les voit que trois semaines, ils regagnent ensuite la Touraine. L’année 1437 a vraiment été pour le Dauphin une année d ‘expériences capitales. Il aurait consommé son mariage à Gien en juillet ; il a expérimenté les méfaits des Ecorcheurs, il a appris que l’argent était le nerf de la guerre et de la politique, il a fait ses premières armes, il a commencé à manier rigueur et clémence, qualités royales. Peut-être aussi a-t-il commencé à éprouver des difficultés à s’entendre avec son père.
En 1439, le roi reprend la visite du royaume, avec son fils.
Au Puy, les États de Languedoc se plaignent des méfaits des Écorcheurs dans la province, ce pourquoi Charles VII nomme son fils, qui n’a pas seize ans, son lieutenant général dans les pays de Languedoc, peut-être plus pour faire un geste envers les États que pour permettre à Louis de mener une action personnelle. En fait, Louis se montre fort actif contre les pillards et, contre les Anglais de Guyenne, entreprend une convocation générale des nobles du Languedoc. Ce faisant, il entre en concurrence avec son père qui a besoin de ces mêmes nobles pour une nouvelle campagne en Ile de France. Le roi, impérativement, rappelle son fils. Brouille peu durable puisque, en décembre 1439, le Dauphin est fait lieutenant du roi en Poitou, Aunis et Saintonge, a nouveau pour sévir contre les gens d ’armes incontrôlés.
Première dissidence, La Praguerie : héritier subversif, révolté peu repentant
C’est aussi l’époque où, exaspéré par l’ordonnance du roi se réservant le droit de lever des troupes, le duc de Bourbon, qui tenait à maintenir ses forces sous son commandement, commence à ourdir une conspiration de grands contre le roi. Il rallie Dunois, le maréchal de la Fayette, Jacques de Chabannes sénéchal de Bourbonnais et le duc d’Alençon, parrain du Dauphin. Les historiens divergent quant à la date d’entrée de Louis dans ce complot, et quant au rôle qui y fut le sien, mais l’entrée de Louis en rébellion semble bien ne dater que de la venue à Niort, en février 1440, de son parrain d’Alençon, qui l’aurait incité à se débarrasser des conseillers imposés par son père et l’a ensuite emmené en Bourbonnais. Mais le roi mène une énergique campagne militaire dans les terres rebelles, Bourbonnais, Auvergne, Forez et, à Cusset en juin 1440, le duc de Bourbon et le Dauphin doivent faire leur soumission à Charles VII. Louis avait toutefois posé des conditions passablement arrogantes à sa sortie de cette « Praguerie » :
S’ensuit la requête que monseigneur le Dauphin fait au Roi (1444) :
« Mon dit seigneur le Dauphin requiert au Roi qu’il lui plaise qu’il soit et demeure toujours en sa bonne grâce et bienveillance, ainsi qu’il désire et a toujours désiré sur toutes choses de ce monde, et que, s’il a pris aucune déplaisance en chose qu’il ait faite ou qui soit advenue au temps passé, lui plaise de lui pardonner et les mettre hors de son cœur.
En outre, lui supplie qu’il lui plaise que pareillement les autres seigneurs qui en ces matières l’ont servi, conseillé, conforté et adhéré, comme messeigneurs les ducs de Bretagne, Bourbon et d’Alençon, messeigneurs les comtes de Montpensier et de Vendôme, le seigneur de la Trimoille et tous autres, soient et demeurent en la bonne grâce du Roi, et pareillement leur pardonne toutes choses passées etc., et sur ce en donner ses lettres telles que lesdits seigneurs adviseront.
Item, pour entretenir l’état de monditseigneur, plaise au Roi lui bailler son Dauphiné, car il lui semble qu’il lui fait tort que piéça (il y a longtemps) ne l’a eu, vu que Dauphins l’ont eu, ès temps passés, en moindre âge qu’il n’est de présent.
Et pour ce qu’il semble que ledit pays de Dauphiné ne suffirait pas pour fournir à l’état et dépense de monditseigneur, il supplie au Roi qu’il lui plaise lui ordonner et adviser ailleurs, et l’assigner (établir un paiement ou un revenu sur une recette royale) en lieu sûr où il n’y ait point de rupture (interruption de paiement).
Item, et pour ce que dorénavant est licite et convenable que madame la Dauphine soit plus continuellement avec monditseigneur qu’elle n’a été le temps passé, plaise au Roi ordonner le fait de sa dépense en lieu où il n’y ait pareillement aucune rupture.
Item, et si c’était le plaisir du Roi de bailler la charge de Languedoc et de Guyenne ou de la France à mondit seigneur, il mettrait peine d’y bien servir, au bien du Roi et à son honneur ; pour ce lui supplie qu’il lui plaise lui en bailler l’une des deux.
Item, mondit seigneur le Dauphin requiert très humblement au Roi qu’il lui plaise que toutes les villes et places qui ont obéi et recueilli mondit seigneur et mesdits seigneurs, et aussi que tous iceux seigneurs et autres leurs officiers et serviteurs, de quelque état et condition qu’ils soient, qui ont servi mondit seigneur et mesdits seigneurs, demeurent en sa bonne grâce et soient remis en leurs terres, états et offices, et que pour chose qu’ils aient faite, ils n’aient pour ce mal, foule (oppression, violence), déplaisir ni dommage en aucune manière, mais leur pardonne et leur fasse octroyer ses lettres, comme devant est dit, car pour rien mondit seigneur ne les voudrait abandonner, attendu que ce qu’ils ont fait a été par son ordonnance et commandement. »
L’étonnante impertinence du Dauphin venait peut-être de ce qu ‘il se sentait le seul fils du roi, situation qui dura jusqu ‘en 1446. Mais Charles VII n’entra pas dans ce jeu par la réponse faite par le Roi, touchant les articles dessus dits :
« Quand monseigneur le Dauphin viendra vers le Roi en l’humilité qu’il doit, le Roi le traitera comme son seul fils, et pourvoira à l’état de lui et de madame la Dauphine en manière qu’il devra être content; et quant aux autres requêtes ci-dessus déclarées qui touchent autres que mondit seigneur le Dauphin, quand il sera devers le Roi, le Roi en fera tant et si avant que raisonnablement il en devra être content. »
C’était une fin de non-recevoir. Charles VII punit son fils en lui supprimant son Hôtel et en éloignant ses conseillers. Mais, quelques jours plus tard (28 juillet 1440), il lui confie, sans doute pour l’occuper, l’administration du Dauphiné. Les années suivantes voient le Dauphin assagi, au service de son père. Il participe activement au siège et à la reprise de Pontoise en septembre 1441. Il ne semble pas avoir participé au mouvement des princes de 1442. En 1443, il fait campagne avec le roi en Languedoc et Guyenne et se distingue lors de la prise de la bastille anglaise bloquant Dieppe (14 août 1443). A la fin de la même année, le roi l’envoie, à la tête de 1000 lances, grosse armée d’environ 6000 hommes, nettoyer le Rouergue des bandes armagnaques qui y sévissent et contraindre à résipiscence (retour à la raison) l’indiscipliné comte Jean IV d’Armagnac. C’est donc d’abord de loin que le Dauphin administre son Dauphiné .
La campagne d’Alsace :au service du roi (1444-45)
Les trêves de Tours conclues entre Charles VII et les Anglais en mai 1444 aggravent encore le problème des gens d’armes incontrôlés, vivant sur le pays. Pour se débarrasser d’eux, le Conseil du roi imagine d’expédier une armée de ces «Êcorcheurs » combattre les Confédérés helvétiques qui menacent, en divers points, les intérêts des Habsbourg et notamment ceux de Frédéric III, duc d’Autriche et Empereur. Louis est chargé de prendre la tête de cette redoutable armée, pour la mener contre Bâle.
A Châlons-sur-Marne, le 16 août 1445, s ‘éteignait la Dauphine Marguerite d’Ecosse.
En « son » Dauphiné
En 1446, après avoir essayé de monter une intrigue contre les principaux conseillers de son père, et après avoir été dénoncé par Antoine de Chabannes, le Dauphin est banni pour quatre mois par son père et envoyé en Dauphiné. Il quitte la cour vers le 1er janvier 1447. Il restera en Dauphiné plus de neuf ans, en dépit des injonctions paternelles. En son Dauphiné, Louis s ‘applique à faire pleinement œuvre de gouvernement. Il défend ses droits, protège ses amis, cherche de l’argent, esquisse une diplomatie personnelle, se remarie contrairement aux vues de Charles VII avec la fille du duc de Savoie, Charlotte, et entretient avec le roi son père une abondante correspondance pleine de protestations de bonne volonté et de soumission. Mais il ne rentre pas.
En juillet 1453, Louis XI propose l’élection au chapitre de l’église de Chalons devenu vacant, Ambroise de Cambrai, mais dans le même temps, le roi Charles VII avait recommandé d’élire au chapitre Geoffroi Floreau, évêque de Nîmes, qui finalement l’emporta.
La fuite, l’exilé volontaire, l’hôte du duc de Bourgogne
Inquiet de la présence de son père en Bourbonnais, craignant une intervention militaire royale en Dauphiné, Louis semble avoir été soudain pris de panique. Le 30 août 1456, avec quelques compagnons, il chevauche en direction de la Franche-Comté bourguignonne.
De Nozeroy en Comté, le Dauphin gagne le Brabant où il est d’abord reçu à Bruxelles par la duchesse de Bourgogne Isabelle et la comtesse de Charolais, puis par le duc Philippe lui-même (le 15 octobre 1456). Le duc, embarrassé, mais ne recevant du roi aucun message clair, installe le Dauphin au château de Genappe non loin de Bruxelles et assure sa vie quotidienne. Cependant, Charles VII a fait occuper le Dauphiné. Louis, qui a fait venir à Genappe sa jeune femme, reste en rapports épistolaires avec son père et son entourage, et continue à essayer d’agir sur la scène internationale.
C est ce même jour, le mercredi 22 juillet 1461, Charles VII est mort à Mehun-sur-Yèvre, en Berry. Le chroniqueur parisien, Jean de Raye, le juge en ces termes :
«… de laquelle maladie il alla de vie à trépas audit lieu de Mehun, le mercredi 22e jour dudit mois de juillet, fête de la benoîte Madeleine, entre une et deux heures après midi dudit jour, dont fut grand pitié et dommage. Au royaume des cieux puisse être l’âme de lui en bon repos ! Car, quand il vivait, c’était un moult sage et vaillant seigneur, qui laissa son royaume bien uni et en bonne justice et tranquillité».
III – Le Roi Louis: vers l’orage
Aussitôt connue la mort de Charles VII, Louis quitte Genappe pour Avesnes, où affluent les courtisans, puis gagne Reims pour s’y faire sacrer. «Bel oncle» de Bourgogne l’y accompagne. tu compagne.
Dès ses premiers jours de règne, Louis disgracie, et même fait poursuivre et emprisonner plusieurs des conseillers de son père, notamment Pierre de Brézé, grand sénéchal de Normandie, et Antoine de Chabannes, grand panetier de France et illustre homme de guerre. Il installe dans les emplois vacants les fidèles compagnons qui l’ont suivi depuis l’époque du Dauphiné.
Antoine de Chabannes est né vers 1408 dans une petite famille noble du Limousin (les seigneurs de Charlus). Comte de Dammartin (en Goële) par mariage. Au service de Charles VII dès son jeune âge, combat à Verneuil, Jargeau et Patay, Saint-Denis, Harfleur. Participe à la Praguerie, puis sert sous le dauphin Louis à Dieppe et à Pontoise. Capitaine d’Écorcheurs, participe à la campagne d’Alsace de 1444. Malgré les ouvertures du dauphin, reste fidèle à Charles VII et procède pour lui à la réoccupation du Dauphiné en 1456. Disgracié par Louis XI dès son avènement, embastillé et condamné, s’échappe de la Bastille en 1465 et participe au Bien Public. Rentré en grâce en 1465, contribue à la chute de Charles de Melun et est nommé grand maître de France en avril 1467 en remplacement de ce dernier. Il est alors l’homme de guerre le plus écouté du roi, qui l’emploie dans le Midi et surtout sur le front de Picardie. Il accumule une fortune colossale et mis à la retraite par Louis XI en 1479. Il est mort le 25 décembre 1488.
Après le sacre, le roi séjourne à Paris du 31 août au 25 septembre, mais ne s’y fixe pas, et regagne la Touraine, d’où son père avait gouverné le royaume. Il est à Tours le 9 octobre. Il reprend, à sa manière, les dossiers pendants et en ouvre d autres.
En Angleterre, la guerre des Deux-Roses fait rage. Le chef de la maison d York, Édouard, s’ est fait couronner roi en juin 1461. Mais la reine Marguerite d’Anjou, cousine germaine de Louis XI et femme de Henri VI de Lancastre, autre cousin germain, vient en France en 1462 pour obtenir le soutien du nouveau roi, qui la fuit.
Allié (provisoirement) de la rose rouge de Lancastre, Louis redoute une offensive de la rose blanche d’York. Cette crainte l’occupe au deuxième semestre de 1462.
Conquête du Roussillon
S’étant d’abord allié au roi d’Aragon Jean II, Louis fait occuper en contre-partie et au nom de Jean les comtés de Roussillon et de Cerdagne (juillet-août 1462), avant, devant révolte, de les conquérir pour son propre compte (fin 1462- début de 1463). Il fait aussi occuper provisoirement la Navarre.
Rachat des « villes de la Somme »
Le roi rassemble les 400 000 écus destinés à racheter au duc de Bourgogne Philippe le Bon, les villes de Picardie que Charles VII lui avait cédées, mais avec faculté de rachat, au traité d’Arras de 1435 (Mortagne, Arleux, Crèvecœur, Corbie, Doullens, Saint-Riquier et surtout Amiens, Saint-Quentin et Abbeville). Conserver cette frontière de Picardie a toujours été une des hantises de Louis XI. Mais, ce faisant, il mécontente sciemment le comte de Charolais, Charles, fils et héritier du duc.
Durant ce même temps, le roi est aussi occupé à d’autres grandes affaires. Il cède Gênes, ingouvernable, au duc de Milan (décembre 1463). L’attaque anglaise n’a pas eu lieu en 1462 et il conclut une trêve avec le roi d’Angleterre. La tension persiste entre le roi et le duc de Bretagne François II. Ce dernier refuse l’hommage-lige au roi, revendique la régale des évêchés bretons et entend traiter directement avec le Saint-Siège au sujet des nominations d’évêques. La régale est un droit, pour le roi, dans les évêchés réputés « royaux», de percevoir les revenus d’un siège épiscopal pendant sa vacance, et d’y nommer aux bénéfices vacants étant à la collation de l’évêque.
On arrive ainsi à la date du 29 septembre 1464, où le Roi, en dégageant sa propre responsabilité, dicte un long mémoire contre les agissements du duc de Bretagne, accusé notamment de collusion avec le roi d’Angleterre, et d’avoir diffamé le roi auprès des princes du sang. Louis se croit assuré de l’appui des autres princes. Mais le duc de Bretagne n’est pas le seul mécontent. Les trois premières années de gouvernement de Louis ont soulevé de nombreuses oppositions à sa politique, notamment chez les princes. En décembre 1464, le roi Louis, ayant réuni ces derniers à Tours, peut se croire assuré de leur fidélité. Il n’en est rien. Une redoutable coalition se prépare à son insu dans les premières semaines de 1465.
Le « partement » du frère. Vers la guerre du Bien Public
Depuis son avènement, le roi a gardé auprès de lui son jeune frère Charles, duc de Berry, et héritier de la couronne. D’ où son émotion et son inquiétude lorsque celui-ci, âgé de dix-neuf ans, prend la fuite chez le duc de Bretagne.
Sur trois fronts
A la menace des ducs de Bourbon et de Berry, au danger breton, s’ajoute l’offensive bourguignonne dirigée par le comte de Charolais, autorisé par son père, Philippe le Bon.(1465)
Après Montlhéry (16 juillet 1465) : communiqués de victoire
La rencontre des armées du roi et du comte de Charolais sous Montlhéry le 16 juillet fut un choc indécis. Les témoignages sur cette «journée » de Montlhéry sont nombreux. Voici ce qu’ écrit de son issue le chroniqueur parisien Jean de Roye, plutôt favorable à Louis XI :
« Et, durant ladite journée, y eut grande occision (massacre, tuerie) d‘hommes et de chevaux, dont plusieurs en furent tués par les ribauds (valets d’armes, combattants à pieds) piétons du côté dudit de Bourgogne, qui de piques et autres ferrements les tuaient Et y mourut de gens de nobles maisons de côté et d’autre. Et, après que tout fut fait, on trouva que audit champ y étaient morts 3600 hommes. Dieu en ait les âmes!
Et, vers la nuit, les Écossais de la garde du roi, voyant et considérant le grand danger où le roi était et la grande perte de leurs gens, aussi que lesdits Bourguignons poursuivaient fort et âprement, prirent le roi, qui moult était las et afflict, et qui n’avait cessé de combattre et faire grandes armes toute la journée sans boire et sans manger, et le menèrent dedans le château dudit Montlehéry. Et, pour ce que plusieurs gens de l’armée du roi n’avaient point vu qu’il eût ainsi été mené audit Montlehéry et ne le savaient où trouver, cuidaient (penser, croire) qu’il était mort ou pris, et à cette cause la plupart d’iceux se mirent en fuite. Et lors monseigneur du Maine, monseigneur l’amiral de Montauban, le seigneur de la Barde et autres capitaines qui bien avaient de 7 à 800 lances se retrahirent et s’en allèrent et abandonnèrent ainsi le roi et, à ladite journée, nul des dessusdits n’y frappa un seul coup ; et, à ces moyens (de toute façon), le champ demeura auxdits Bourguignons.
En icelle rencontre et au nombre des morts y furent trouvés de gens de façon et bonnes maisons, c’est assavoir : messire Pierre de Brézé, chevalier, sénéchal de Normandie; Geoffroy de Saint-Belin, dit La Hire, bailli de Chaumont; Floquet, bailli d’Evreux, et plusieurs autres chevaliers et écuyers de nom de la compagnie du roi. Et aussi, de la compagnie desdits Bourguignons, y en eut beaucoup de morts et de pris plus que de ceux du roi.
Et, après que le roi eut été un peu rafraîchi audit château de Montlehéry, fut mené et conduit d’illec (là) jusques en la ville de Corbueil, où il séjourna jusques au jeudi ensuivant, 18e jour dudit mois de juillet, qu’il arriva sur le tard en sa ville de Paris… »
Ces piètres résultats n’empêchent pas les deux partis de chanter victoire :
En dépit de ce communiqué de victoire, la bataille de Montlhéry avait été indécise. Le comte du Maine, oncle du roi, avait quitté l’action avec ses troupes, pour se retirer en direction de la Loire. Le roi et les siens n ‘avaient pas passé la nuit sur les lieux, mais avaient gagné Corbeil, pour se diriger vers Paris. De son côté, Charolais était resté à Montlhéry et, découvrant le matin le départ des royaux, put chanter victoire… avant de se rendre lui-même à Etampes, sans avoir pu prendre le château de Montlhéry. Mais de nombreux Bourguignons avaient fui vers le nord et se firent intercepter au pont de Saint-Cloud. J. P. Panigarola, dans un rapport du 26 juillet 1465, à Mandrot ambassadeur du duc de Milan auprès de Louis XI, résume ainsi la situation :
« en laquelle journée, le champ est demeuré à mon seigneur Charles; et pour cela ils (les Bourguignons) se vantent d’être restés les derniers, d’avoir attendu bataille, d’avoir fait ensevelir leurs morts et d’avoir l’honneur de la journée. Mais on leur répondrait avec beaucoup de raison que cette vantardise est plus honteuse qu’honorable, d’après le dommage qu’ils ont subi. Ce même jour, le 16, beaucoup de ces Bourguignons fuyaient vers le pont de Saint-Cloud et Lagny, lieux pris par monseigneur Charles, pour s’en retourner. Mais ces lieux avaient été repris par le maréchal Joachim, pour le roi, et il leur barrait le passage de la rivière, capturant tous les Bourguignons qu’il trouvait… »
Rentré dans Paris, Louis XI y organise la résistance aux princes rebelles en juillet 1465.
A la mi-août, le roi se rend à Rouen pour y lever des troupes Il ne rentre à Paris que le 28, alors que les armées des princes encerclent partiellement la ville. Le mois de septembre se passe en négociations, mais c’est la défection de Rouen, connue le 29 septembre, qui amène Louis à céder aux exigences de ses adversaires. Un traité est conclu avec Charles de Charolais à Conflans-lès-Paris le 5 octobre, un autre, à Paris et Saint Maur-des-Fossés, avec les autres princes, les 27 et 29 octobre Louis doit consentir des sacrifices considérables : rendre les villes de la Somme au comte de Charolais; concéder la Normandie en apanage, à la place du Berry, à son frère Charles, élever le comte de Saint-Pol à la dignité de connétable du royaume; donner satisfaction au duc de Bretagne sur les questions litigieuses entre eux, et donner au duc de Bourbon un vaste gouvernement assorti de grasses pensions. C’est, en apparence, une humiliation complète.
IV – De Montlhéry à Péronne
Dès lors, quatre objectifs vont guider l’action du roi : ne pas céder vraiment la Normandie ; récupérer les villes de la Somme; tirer vengeance des traîtres; étouffer dans l’œuf toute nouvelle coalition, tout nouveau complot, en se méfiant de tout le monde.
Affaires d’Italie
Étroitement lié à la maison de Savoie; mais aussi allié du duc de Milan, Louis XI a réussi à maintenir la paix entre ces deux puissances. La disparition de François Sforza va rendre plus difficile le maintien de cet équilibre, Milan et Savoie.
Une lettre de Panigarola au duc et à la duchesse mère de Milan, du 28 septembre 1467, fait état dune lettre tombée entre les mains du duc, et par laquelle le roi aurait décidé d’apporter aide à Philippe de Savoie, ennemi du duc, et d’envoyer des forces à Asti, non pour favoriser le duc, mais pour voir qui n’avait le plus puissant dans la guerre entre Milan et la Savoie. Le roi a dit à Panigarola que ce serait avec grand déplaisir qu’il apprendrait que le duc de Milan ajoute foi à ces faux, sans doute fabriqués par des «Savoini e Angiovinî », et qu’il soupçonne certains qui n’ont pas d’autre but que de créer des différends, et qui ne veulent le bien, ni du roi, ni du duc. Le roi a réaffirmé sa fidélité indéfectible au duc de Milan et, s’il ne l’a pas secouru, ce ne fut pas que son amitié fût diminuée, ni qu ‘il ne l’ait voulu faire, mais bien parce qu ‘il ne l’a pu, parce qu’il n’a pas encore pu rétablir l’ordre dans royaume, et parce qu’il attend la guerre d’heure en heure
Panigarola a, en effet, écrit à son duc le 15 octobre et lut expliqué que, si le roi faisait des amitiés à Philippe de Bresse c’était pour le faire revenir en France, et que ces bonnes parolesi étaient « pour lui faire recevoir une plus grande bastonnade ».
Bourgogne, Angleterre
Les trêves passées en 1463 et 1464 avec les Anglais ont été « continuées ». Mais le comte de Charolais, qui pratiquement dirige les états bourguignons, s’inquiète de nouveaux pourparlers entre Louis et les Anglais. Il y avait aussi un litige et malentendu sur l’ensemble des droits cédés en 1465 par le roi au comte de Charolais dans « les villes de la Somme ». De même, Louis s’adressera aux villes pour expliquer et justifier sa tentative de rapprochement avec le roi d’Angleterre.
Les affaires de l’Eglise : Comminges et Angers
Quels que soient le statut officiel et l’état effectif de ses relations avec le Saint-Siège, le roi entend s’assurer la fidélité des évêques et favoriser la désignation d’hommes à lui aux sièges épiscopaux.
Dans l’affaire d’Angers, l’instigateur est Jean Balue qui intrigue auprès du roi et du pape contre son ancien protecteur Jean de Beauvau, évêque d’Angers. Balue parviendra à ses fins : l’évêché d’Angers et le chapeau de cardinal lui sont remis le 17 novembre 1468
Affaires économiques
Un des traits du caractère de Louis XI fut certainement son intérêt pour les questions économiques, même s’il n’a pas eu, en cette matière, une politique très cohérente, tiraillé qu’il fut entre les groupes de pression contradictoires.
Louis XI a le souci constant que l’évasion de ses bonnes monnaies d’or soit exportées et remplacées dans la circulation par de moins bonnes pièces étrangères.
« Aux conseillers de Lyon. Montargis, 9 mai 1479.
De par le roi
Très chers et bien amés, pour ce que désirons de tout notre pouvoir donner provision au fait de nos monnaies pour éviter qu’elles ne soient tirées hors de notre royaume, ainsi qu’elles ont fait et font chacun jour, et aussi pour les autres inconvénients et dommages qui à cette cause sont advenus et pourraient advenir, au bien de la chose publique de tout notre royaume, nous avons fait venir devers nous les généraux de nos monnaies, lesquels nous avons sur ce ouïs, et fait débattre les matières en leur présence. Après lesquelles choses débattues, considérant que la matière est de grande conséquence, avons délibéré faire assembler deux des plus notables gens en ce connaissants de chacune des bonnes villes de notre royaume. Si vous prions et néanmoins mandons que, incontinent et en toute diligence, vous déléguiez et ordonniez deux des plus notables gens de notre ville de Lyon, connaissants et experts touchant ladite matière des monnaies, et qui aiment le bien de la chose publique de notredit royaume, que adviserez entre vous, et les envoyiez devers nosdits généraux des monnaies en notre ville de Paris, au 25e jour de juin prochainement venant, pour illec avec nosdits généraux communiquer de ladite matière et y aviser les provisions sur ce nécessaires y être données, en manière que les monnaies estranges ne puissent avoir cours en notredit royaume, et les nôtres ne soient tirées hors d’icelui, ainsi que fait a été par ci devant. Donné à Montargis, le 9e jour de mai.
Louis »
En mars 1469, Louis XI sollicite la ville de Lyon pour l’implantation des métiers de la soie.
(Lettres présentées aux consuls de Lyon le 24 avril 1469 le seigneur de Montcla, leur porteur.)
« Amboise, 29 mars 1469.
A nos chers et bien amés les bourgeois, manants et habitants de notre ville de Lyon.
De par le roi. Chers et bien amés, vous savez que de long temps avons eu désir et vouloir que l’ouvrage et métier des draps de soie fût exercé et mis en cours en notre royaume pour le profit et utilité de nous et de tous nos sujets, mêmement considéré les grandes quantités et sommes d’or et d’argent qui, à cause desdits draps de soie, sont mises hors de notre royaume par les marchands d’Italie et autres, dont nous en sommes grandement intéressé (lésé), et notre royaume vide de trésor. A quoi pourvoir avons fait venir ouvriers et maîtres pour faire ledit ouvrage en notre ville de Lyon, et sur ce |avons eu délibération et avis de gens experts et savants en telles matières pour la situation du lieu. Et pour ce faire avons fait faire certain appointement avec notre cher et bien amé maître Jean Grant, docteur en lois et lieutenant de notre bailli de Lyon, et avec un nommé Perroquet lesquels ont fait besogner au dit ouvrage et fourni à ce qui a été nécessaire. Lesquels nous ont fait dire et remontrer qu’il ne leur est possible fournir dorénavant ni supporter si grandes charges et excessive dépense, s’il ne leur est sur ce donné secours et aide d’aucune somme de deniers, et que encore n’ont été payés entièrement de la somme à eux ordonnée par ledit appointement (accord, règlement négocié), et qu’ils sont sur le point d’en demeurer détruits, par quoi ledit ouvrage par faute de conduite et aide de vous demeurera au néant et la continuation d’icelui métier sera rompue, qui serait grand dommage à nous et à notre royaume.
Et, pour ce que l’exercice d’icelui métier est commencé en notredite ville de Lyon, à laquelle avons continuellement fait des biens, tant pour les foires que autrement, et que notre plaisir est que ledit ouvrage et métier de draps y soit exercé et fait, nous eussions pensé que y dussiez pourvoir et eussiez pourvu et donné ordre en manière que notre plaisir fût accompli.
Si vous prions et néanmoins mandons que vouliez appointer avec lesdits maître Jean Grant et Perroquet, et leur fournir la somme des deniers qui leur seront nécessaires et convenables pour continuer audit ouvrage; et tellement qu’ils soient contents et n’aient cause d’icelui ouvrage cesser; autrement, soyez-en sûrs nous prendrons tel parti aux foires… que nous fournirons audit ouvrage sans aucun coût ni dépense. Et n’entendons pas que cette somme d’argent que baillerez auxdits maître Jean Grant et Perroquet soit autrement que par manière de prêt, car nous voulons que vous en soyez remboursés là où aviserez et où bon vous| semblera. Au surplus, pour ce que sommes informé n’avez encore entièrement payé ledit maître Jean, mandons que sans dilation (retard, délai) vous lui faites entier paiement, afin qu’il n’en soit plus endommagé. Le porteur de ces présentes, auquel nous en avons donné charge vous déclarera plus à plain (complètement) notre vouloir. Faites-y telle diligence et vous y employez par manière que les dessusdits maître Jean et Perroquet n’aient cause de retourner ou envoyer par devers nous. Donné à Amboise, le 29e jour de mars.
Louis »
Sur deux fronts : les Bretons et la Somme.
En octobre 1467, les forces du duc de Bretagne attaquent en Poitou et en Normandie, où elles occupent Alençon, Caen et Bayeux.
L’année de Péronne
Rentrée en scène d’Antoine de Chabannes : Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, l’un des plus célèbres capitaines du temps de Charles VII, avait été proche du Dauphin lors de la Praguerie et l’avait suivi notamment dans l’expédition de Diepe en 1442 et dans la campagne d’Alsace en 1444. Peut-être pour être resté fidèle à Charles VII, et pour avoir participé à l’occupation du Dauphiné en 1456, il avait été disgracié par Louis XI à son avènement, et avait été l’objet d’un procès et d’une condamnation en Parlement. Incarcéré à la Bastille, il s’en était évadé le 10 mars 1465 pour rallier le parti des princes. Il fit sa paix avec le roi en même temps qu’eux et fut nommé le 23 avril 1467 Grand Maître de l’Hôtel du roi, office considérable tant sur le plan civil que du point de vue militaire, en remplacement de Charles de Melun, progressivement dissocié. Bien que, selon le témoignage de Jean de Roye, « moult de gens étaient assez d’opinion que ledit de Meluneût bien servi le roi et fait de moult grands services, mêmement à la grande diligence qu’il prit en la garde de la ville de Paris en l’absence du roi et lui étant en Bourbonnais, où tant et si bien se gouverna et maintint que plusieurs étaient d’opinion que, se n’eût été sa grande diligence et bonne conduite, que ladite ville eût eu beaucoup à souffrir au grand dommage du roi et du royaume»
Dès lors, parce qu’il est chargé d’importants commandements militaires, le nom de Chabannes revient souvent dans la correspondance du roi, comme celui d’un homme de guerre à qui, pendant plus de dix ans, le souverain semble accorder sa confiance.
Cependant, la perspective, puis la réalisation, le 3 juillet 1468, à Bruges, du mariage du duc Charles de Bourgogne avec la sœur du roi Édouard IV, Marguerite d’York, accroît la crainte de Louis XI d’ une offensive anglo-bourguignonne, alors que le duc de Bretagne soutient toujours Charles de France, frère de Louis, qui continue à réclamer la Normandie reprise dès 1466 par le roi.
En même temps, le roi négocie avec le duc de Bretagne une trêve qui intervient le 10 septembre 1468. Et pour des raisons inconnues, en 1468, le roi se sépare de Jean Pierre Panigarola , ambassadeur du duc de Milan (qui sera envoyé par son maître auprès du duc de Bourgogne)
Assuré de la paix avec Bretagne – le traité d’Ancenis a été conclu le 10 septembre 1468 — Louis XI se croit à même de conclure avec Charles de Bourgogne un accord parallèle. Balue arrange une rencontre personnelle des deux princes à Péronne chez le duc. Alors que le roi est à Péronne, le duc apprend la nouvelle révolte des Liégeois contre leur évêque et la présence à Liège de deux envoyés du roi. Il fait fermer la ville de Péronne et le château où loge le roi. Un moment en danger d’être arrêté et sans doute utilement conseillé par Philippe de Commynes chambellan du duc, le roi s’en tire en acceptant de souscrire à toutes les conditions du duc de Bourgogne, notamment de le suivre à Liège dans son expédition punitive, et de promettre verbalement de concéder la Champagne à son frère Charles (9-14 octobre 1468). Véritable capitulation que Louis s’empresse de travestir.
Le 31 décembre 1468, le roi accorde à l’église des Augustins de Tournai, le droit de célébrer de son vivant et une oraison pour le salut de son âme en sa faveur. Le roi termine ainsi l’année 1468 sur un acte de dévotion qui n’est peut-être pas exempt d’arrières-pensées politiques, Tournai étant comme enclavé dans les pays bourguignons. Mais désormais les actes de dévotion vont se faire de plus en plus fréquents.
V – Le frère, l’Angleterre et les ducs ; Réconciliation fraternelle
Sans doute au courant des initiatives du duc Charles en Alsace, Louis rassure les Confédérés. Contrairement à ce qu’il avait promis à Péronne, le roi refuse de donner la Champagne à son frère. Celui-ci finit par accepter le duché de Guyenne qui, aux yeux de Louis XI, présente l’avantage d’être éloigné et de Bourgogne, et de Bretagne (avril 1469). Balue, opposé à ce projet, est disgracié. La Guyenne doit d’abord être clairement délimitée et tout le Midi pacifié, puis les frères se rencontrent et un miracle a lieu.
En mai 1469, Chabannes avait été chargé par le roi, comme son lieutenant en Languedoc, de rétablir l’ordre par les bandes dépendant d’Armagnac, Foix, Nemours et Albret. Il faut aussi éliminer le comte Jean V d’Armagnac en l’accusant de trahison. Antoine de Chabannes est chargé de l’opération le 1er novembre 1469.
Soupçonné d’être de connivence avec le duc de Bourgogne, une transaction fut passée par Chabannes et le duc de Nemours, le 17 janvier 1470. Le duc reconnut avoir violé son serment et jura fidélité à l’avenir au roi.
A l’exemple de la Toison d’Or bourguignonne, le roi décide de fonder un ordre de chevalerie : celui de Saint Michel en 1469
A l’alliance de Bourgogne et d’York, Louis XI rêve d’opposer une alliance franco-lancastrienne. Il accueille prudemment en mai 1470 Warwick brouillé avec Édouard IV, accompagné de Georges d’York, frère d’Édouard IV. Réconcilié avec la reine Marguerite d’Anjou, Warwick est encouragé à repasser en Angleterre pour abattre Édouard IV. Warwick aidé par les Français peut repasser en Angleterre (septembre 1470). Edouard IV prend la fuite et Henri VI de Lancastre est restauré le 6 octobre. Gros succès en apparence pour Louis XI . Mais cette restauration ne devait durer que six mois.
Le duc de Bourgogne exaspéré de l’appui donné par Louis à Warwick, prend le 12 juin 1470 des mesures contre les marchands français dans les territoires bourguignons. Le roi craignant une provocation ne se hâte pas de répliquer.
Le 3 décembre, à Amboise, Louis XI se déclare dégagé des obligations du traité de Péronne et peu après l’assemblée de notables de Tours lui conseille de transférer les foires « bourguignonnes » d’ Anvers en son royaume : les marchands anglais, en qui l’on voit de durables alliés, y pourront venir. On imagine donc d’installer les foires d’Anvers à Caen ! Mais le retournement de la situation en Angleterre rendra vite cette décision inopérante.
Fin 1470, Louis comptant toujours sur un appui anglais, entreprend le débauchage des villes bourguignonnes.
En 1471, gros succès en Picardie , avec la prise d’Amiens et SaintQuentin mais échec cuisant en Angleterre.
Pendant ce temps, la situation s’est complètement retourné en Angleterre. Parti de Hollande, Édouard IV est revenu force et a débarqué le 11 mars 1471. Les Lancastriens sont battus à Barnet le 14 avril, et Warwick y est tué, et à Tewkesbury le 4 mai, où le prince de Galles est tué et Marguerite d’ Anjou capturée. Le succès de la rose d’York est complet et l’échec est cuisant pour Louis XI.
Juillet 1472, offensive contre la Bretagne et prise d’Ancenis.
Mai 1472, mort du frère de Louis le 25, et conquête de la Guyenne.
Juin 1472, offensive bourguignonne à Nesle et Roye, Résistance des habitants de Beauvais face aux Bourguignons ; les femmes ayant courageusement défendu la ville, le roi ordonne une procession, messe et sermon solennels le jour de la sainte Agathe par lettre du 6 août 1472 et, que « la déclaration contenue èsdite lettres patentes est telle que le roi veut que à chacune fois que on fera la dite procession, que les femmes et filles aillent à cedit jour devant les hommes, et aussi toutes d’ores en avant puissent porter hermines, sans en être reprises, et ceinture d’or voire, qui en aura la puissance »
C’est pendant la campagne du duc de Bourgogne au pays de Caux, exactement dans la nuit du 7 au 8 août 1472, que Philippe de Commynes, seigneur de Renescure, conseiller et chambellan de Charles le Téméraire, quitta le camp bourguignon pour rejoindre Louis XI, alors en Anjou. Le roi l’a rapidement comblé de faveurs, par lettre du 21 février 1473 lettre suit, la première, et l’une des rares, concernant Commynes.
À la chambre des Comptes de Paris.
Plessis-du-Parc, le 21 février 1473.
« De par le roi. Nos amés et féaux, nous avons puis naguère – pour aucuns singuliers services que nous fit, nous étant à Péronne et au voyage de Liège, notre amé et féal conseiller et chambellan Philippe de Commines, chevalier, seigneur de Renescure lequel, par les bons avertissements et autres services qu’il nous fit, fut cause et moyen principal de la salvation (salut) de notre personne – donné, cédé, transporté et délaissé audit de Commines, pour lui, ses hoirs, successeurs et ayants cause, les principauté, terres et seigneuries de Talmont sur Tart, Olonne, Château-Gontier, Curzon, la Chaulme et Berrye, ensemble Bran et Brandais, ainsi que par nos lettres patentes que sur ce lui avons octroyées, il vous apperra plus à plain. Et, pour avertir bien à plain notre cour de Parlement, à laquelle écrivons de cette matière, et pour vous, des causes qui nous ont mû de faire ledit don en la forme et manière que lesdites lettres le contiennent et de notre vouloir et intention sur ce, nous envoyons présentement par delà notre amé et féal conseiller maître Guillaume de Cerisay, greffier de notre cour de Parlement. Si voulons et vous mandons très expressément et sur tant que (pour autant que) nous désirez servir et complaire, que, après ce que notredite cour de Parlement aura fait lire, publier et registrer nosdites lettres dudit don par nous fait audit de Commines desdites principauté, terres et seigneuries dessus nommées, vous icelles nos lettres fassiez semblablement lire, publier et enregistrer en notre Chambre des Comptes, sans attendre d’en avoir second ou tiers commandement, et de ne nous y faire aucun refus, délai ou difficulté, pour quelconque autre cause ou occasion que ce soit; et pareillement vérifiez et expédiez les lettres de sa pension et son hommage. Et sur ce veuillez croire notredit conseiller de ce qu’il vous dira de par nous, tout ainsi que si nous-même vous le disions. Donné au Plessis du Parc, le vingt-unième jour de février.
Vous pouvez connaître le grand désir que j’ai que cette matière soit bien expédiée, et à mon intention, et les causes qui à ce me meuvent; et pour ce, gardez que vous n’y fassiez point dee difficulté, et n’en renvoyez point devers moi. Écrit de ma main.
Louis »
VI – Pendant les trêves (1472-1475)
La trêve intervenue en novembre 1472 entre France et Bourgogne devait durer jusqu’en mars 1475. Des mouvements de troupes recrutées en Italie, à la solde de Bourgogne, en janvier 1473, inquiètent Louis XI.Malgré ces alarmes et préoccupations, le duc de Bourgogne, tout à ses projets dans l’Empire, respecte la trêve.
Durant cette trêve, Louis XI accordera des faveurs nobiliaires, pécuniaires et autres interventions.
Grandes manœuvres, nouvelles alliances, 1473-1475
L’année 1474 connaît toujours le régime des trêves avec le duc de Bourgogne, et ces trêves vont durer jusqu’ au début de mai 1475. Le duc Charles, en effet, est tout à ses projets ou entreprises dans l’Empire.
A la recherche d’une couronne royale, il avait rencontré à Trêves en octobre-novembre 1473, l’empereur Frédéric III, mais la rencontre n ‘avait pas abouti.
S’étant implanté en Haute-Alsace en 1469, le duc avait suscité l’inquiétude des villes de la région et des Confédérés helvétiques qui, à partir du début de 1473, envisagèrent une alliance contre lui, laquelle commença à se constituer en mars 1474 entre le duc Sigismond d’Autriche et des villes alsaciennes, puis également le duc de Lorraine René II, enfin les Confédérés. Cette « Ligue de Constance » entamait des opérations contre les Bourguignons dès avril 1475 alors que le bailli ducal en Haute-Alsace, Pierre de Hagenbach, était capturé, jugé et exécuté.
Le 30 juillet 1474, sous prétexte de venir au secours de l’archevêque de Cologne, son allié, le Téméraire avait mis le siège devant Neuss, ville rebelle à l’archevêque. Ce siège devait durer onze mois, jusqu’au 27 juin 1475.
Prenant prétexte d’un testament du roi René qui lui a déplu le roi fait saisir l’Anjou et le Barrois en mars 1474
Dans la même région du Barrois, Louis fait occuper des places lorraines pour faire pression sur le duc de Lorraine, René II qu’il cherche à détacher de son alliance bourguignonne.
En septembre 1474 le duc de Milan quitte l’alliance française. De fait le 30 janvier 1475, à Moncaliéri en Piémont, était conclue une alliance entre Savoie, Bourgogne et Milan. Louis XI va chercher à se rapprocher du roi de Naples, Ferrand.
A nouveau les Espagnes
En 1466, le roi René avait accepté la couronne de Catalogne et avait envoyé dans ce pays son fils Jean, duc de Calabre et de Lorraine, pour y faire valoir ses droits contre le roi d’Aragon, avec l’ appui de Louis XI. Jean, mort en 1470, avait été remplacé en Catalogne par son bâtard Jean, lequel dut renoncé en octobre 1472 au profit du roi d’Aragon Jean IL Ce dernier avait aussi, au début de 1473, reconquis le Roussillon sur les Français. 1
La trêve au Nord permet la reconquête du Roussillon en avril 1474. La trêve avec la Bourgogne ne sera pas renouvelée.
L’insurrection de Bourges
Une autre affaire, certainement inattendue, a beaucoup choqué et occupé Louis XI en 1474 : L’insurrection de Bourges sa ville natale, soulèvement antifiscal à l’origine (22 avril 1474), mais où l’esprit soupçonneux du roi a vu le signe d’un mouvement plus profond. C’est Ymbert de Batarnay qui est chargé de la répression.
VII – 1475 : année de tous les dangers
Avant de mettre le siège devant Neuss, le duc de Bourgogne avait resserré son alliance avec Édouard IV et le traité de Londres, du 25 juillet 1474, prévoyait pour 1475 une descente d’Édouard en France, une campagne avec les Bourguignons et le couronnement d’Édouard comme roi de France à Reims. La méfiance envers les Anglais s’était réveillée et, avec elle, la méfiance envers leurs possibles appuis ou agents en France telle celle envers le seigneur d’Arguel qui s’est brouillé avec le roi après l’avoir bien servi , et s’est réfugié en Bretagne en 1475. De même en mars 1475, le roi avait fait arrêter en Dauphiné Guillaume de Chalon, prince d’Orange et chef de la maison de Chalon, père du seigneur d’Arguel, comme partisan du duc de Bourgogne.
C’est seulement le 6 juillet 1475 qu’Édouard est arrivé à Calais mais, dès le mois de mai, les armées de Louis XI attaquaient les territoires bourguignons du nord et du sud.
Picquigny
La paix, la trêve, la fin du connétable
Mais, au terme d’une rapide et brillante négociation, le roi, à Picquigny, achète le départ d’Édouard IV et obtient la paix pour une durée de sept années (29 août). Les Anglais ne l’inquiéteront plus gravement. C’est sans doute le plus grand succès diplomatique de Louis XI, car il met fin de facto à In guerre de Cent Ans. Mais il coûte très cher.
La trêve de sept ans a été conclue le 18 août, l’entrevue des deux rois sur le pont de Picquigny a eu lieu le 29 août. Il est payé au roi Édouard, 75000 écus d’or et une pension annuelle de 50 000 écus plus de nombreuses pensions aux conseillers d’Édouard.
La conclusion d’une trêve de neuf ans (13 septembre 1475) avec le duc de Bourgogne ne tarde pas.
Cette trêve de Souleuvre scelle le destin du connétable, Louis de Luxembourg, qui a trahi tout le monde, et même le roi d’Angleterre. Désavoué par les deux parties, il est rapidement livré à Louis XI par Charles. Il sera jugé par le Parlement, condamné à mort et décapité en place de Grève à Paris le 19 décembre 1475.
La trêve donne les mains libres au duc de Bourgogne pour conquérir la Lorraine. Lui et le roi Louis ne se combattront plus, du moins ouvertement. Mais la méfiance subsiste.
En 1475 -1476, Louis XI congédie son maréchal de France lui imputant l’indiscipline de l’armée.
« Monseigneur le maréchal, vous savez le grand désordre qui est au fait de mes gens d’armes, tant en leur manière de vivre que en leur train de gens et de chevaux qui, selon les ordonnances sur ce faites, ne doit être pour lance fournie (unité comprenant un homme d’armes et cinq autres combattant) que de 6 chevaux, et toutefois il y en a la plupart qui en ont 10, 12 et les aucuns 13 et 15, qui redonde (entraîner, causer) tout à la foule (oppression, violence) et charge du peuple.
Vous savez aussi la petite provision (nomination à un bénéfice ecclésiastique) qui est donnée du côté des capitaines, et comme ils fortraient (soustraire) les gens les uns des autres, dont il vient plusieurs questions (querelles, différends) et débats, par quoi je n’en suis pas si bien servi. Et bien y a paru cette année, car j’en ai été très mal servi au quartier de par delà (là-bas), tant par ce qu’ils n’en ont pas gardé bon ordre, mêmement ceux qui en avaient la principale charge, comme par ce que les aucuns desdits capitaines n’avaient pas tout leur nombre, et dont ils prennent bien le paiement…
Or, monseigneur le maréchal, mon ami, je suis ennuyé d’être mal servi, car il dure trop, et suis délibéré (décidé), moyennant la grâce de Dieu et de Notre-Dame et l’aide de vous et de mes autres bons serviteurs, de y pourvoir en manière que mes besognes viendront mieux. Et, pour, le commencement, j’ai fait aucuns statuts et édits touchant le fait de mesdits gens d’armes, dont je vous envoie le double signé de mon secrétaire.
Je vous prie, monseigneur le maréchal, comme celui que je sais qui toujours a aimé le bien de moi, du royaume et de la couronne, que vous preniez peine de faire entretenir lesdits statuts et édits, sans y dissimuler (retarder) pour personne qui vive : car je vous y soutiendrai jusques au bout, et vous assure qu’il n’y a si grand, s’il y refuse, que je ne lui ôte sa charge, car il n’est pas possible, au désordre qu’ils tiennent, qu’il en puisse bien venir. Et, quand autre chose que bien en adviendrait – que Dieu ne veuille -, ils seraient les premiers qui s’en repentiraient. Je écris au trésorier des guerres
qu’il se tire (aller vers) par devers vous et qu’il fasse comme lui ordonnerez. Il me semble bien que, si j’eusse été par delà, qu’il n’en fût pas tant de plaintes qu’il est et, là où j’ai été, ils ne sont point : et si avons, Dieu merci et Notre-Dame, mieux besogné…
Je vous prie derechef que vous preniez cette matière fort à cœur et que croyiez à maître Guillaume Picart, général (général conseiller sur le fait des finances) de mes finances, de ce qu’il vous en dira; lequel, combien que (bien que) j’aie à besogner avec lui, je vous envoie expressément pour cette matière, comme pour celle que plus je désire après mon sauvement. »
Le destin du Téméraire – La curée
Grandson, Morat, Nancy
Le duc de Bourgogne a achevé la conquête de la Lorraine : Louis XI, lui, complète son occupation du duché de Bar en provoquant les protestations de son oncle le roi René :
Le duc de Bourgogne entre en campagne contre les Confédérés et leurs alliés au début de février 1476 et pénètre au pays de Vaud pour libérer des Bernois Yverdon et Grandson. Louis XI vient s’installer à Lyon, où il est le 23 mars, pour observer de plus près l ’évolution de la situation.
Après sa défaite à Grandson (avril 1476), le duc de Bourgogne s’était d’abord replié en Franche-Comté avant de gagner Lausanne. Les Suisses remportent la bataille de Morat le 22 juin 1476. Le duc de Bourgogne avait fait arrêter Madame de Savoie et l’avait fait interner au château de Rouvres près de Dijon, d’où elle s’était échappée le 2 octobre 1476 aidée par les Français.
Les déboires du ducs de Bourgogne permettent au roi de contraindre à la paix le duc de Bretagne en 1476.
Après Nancy
C’est le 9 janvier que Louis XI a reçu la nouvelle de la défaite, mais non de la mort (il l’apprend le 12), du duc Charles devant Nancy, repris par les Lorrains, et qu ‘il assiégeait depuis le 22 octobre 1476.
La curée
Laissant à Georges de la Trémoille, sire de Craon, et Charles d’Amboise, comte de Brienne, le soin de s’emparer des duché et comté de Bourgogne, le roi, dès le 28 janvier, se porte sur la frontière de Picardie, dans l’intention de conquérir tout ce qu’il pourrait des territoires de Charles de Bourgogne, sans distinguer, là non plus, entre terres du royaume (Picardie, Artois, Flandre) et terres d’Empire (Cambrai, Hainaut) . Il est à Péronne, livré par Guillaume Bische, le 2 février.
La conquête piétine
Cependant, les choses n ’allaient pas toutes seules. Dans les Deux-Bourgognes, les États du Duché et ceux de la Comté avaient d’abord accepté la soumission au roi et l’occupation par l’armée française. Mais, dès mars, les Comtois étaient retournés au camp de Marie de Bourgogne et le chef de leur « rébellion » était le prince d’Orange, Jean de Chalon. Plusieurs régions du Duché se soulevaient. Devant la violence de l’offensive française, les conseillers de Marie avaient repris une politique «bourguignonne» : le 27 avril, conformément au projet de son père, Marie épousait par procuration Maximilien de Habsbourg, le fils de l’Empereur, et le mariage était célébré à Bruxelles le 19 août. Un prince, désormais, allait tenir tête énergiquement aux Français.
Le 13 avril 1477, Louis XI demande au Président du Parlement Pierre Gruel de déclarer la confiscation de la principauté d’Orange et de toutes les terres et seigneuries que le prince d’Orange, Jean de Chalon, détient du roi en Dauphiné ; Jean de Chalon accusé de tous les maux pour avoir changé de camp après la conquête du duché de Bourgogne, et pris la tête de la résistance en Franche conté.
Le 26 juin 1477, insurrection de Dijon, « la mutemaque », au cours de laquelle fut tué le président du conseil royal de Bourgogne, Jean Jouard. En octobre 1477, Louis XI relève Charles de la Trémoille de son commandement de lieutenant général de Bourgogne à a suite de ses échecs en France-Comté, de sa mésentente avec le le prince d’Orange.
Le duc de Nemours. Procès, supplice, dépouilles
Jacques d’Armagnac, comte de la Marche et duc de Nemours avait depuis 1465 inspiré bien des soupçons au un finalement arrêté à Carlat en février 1476 et traité avec une extrême rigueur.
« Au chancelier. Orléans, 31 juillet 1476.
Monseigneur le chancelier, j’envoie le duc de Nemours à Paris par monseigneur de Saint-Pierre et lui ai chargé le mettre dedans la Bastille Saint-Antoine. Et pour ce, avant qu’il y arrive, faites prendre tous ses gens qui sont à Paris et les faites mettre dedans la Bastille et les faites bien enferrer afin que, à l’heure que monseigneur de Saint-Pierre y arrivera, il les y trouve tous. Mais avancez-vous en, car, s’ils oyent le bruit que leur maître aille à Paris, ils s’enfuiraient.
Faites aussi qu’il y ait douze hommes à la morte-paye ( gens de guerre de garnison moins payés que les gens d’armes de l’ordonnance du roi) dedans ladite Bastille, outre ce que Philippe Luillier a de guet. Car j’écris à Philippe qu’il en aura la garde et que les mortes-payes feront ce qu’il leur commandera. Et, mais que (pourvu que, dès lors que, lorsque) ledit de Nemours soit mis en bonne garde et sûreté dedans la Bastille, si vous en venez devers moi à Tours, et y soyez dedans le dix-huitième d’août, et qu’il n’y ait point de faute. J’ai chargé monseigneur de Saint-Pierre de vous parler de cette matière plus au long.
Ecrit à Orléans, le dernier jour de juillet.
Louis »
Lettre du roi au seigneur de Saint Pierre :
« Au seigneur de Saint-Pierre. Piessis-du-Parc, 1er octobre 1476.
Monseigneur de Saint-Pierre, j’ai reçu vos lettres. Il me semble que vous n’avez à faire qu’une chose, c’est de savoir quelle sûreté le duc de Nemours avait baillée au connétable d’être tel comme lui pour faire le duc de Bourgogne régent, et pour me faire mourir et prendre monseigneur le Dauphin et avoir l’autorité et gouvernement du royaume, et le faire parler clair sur ce point et le faire géhenner (torturer) bien étroitement. – Le roi dicte les aveux qu’il conviendra d’obtenir de l’accusé -.
Le connétable en parle plus clair par son procès (lue ne fait messire Palamède, et si notre chancelier n’eût eu peur qu’il eût découvert son maître le comte de Dammartin et lui aussi, il ne l’eût pas fait mourir sans le faire géhenner et savoir la vérité de tout. Et encore, de peur de déplaire à sondit maître, voulait que le Parlement connût du procès du duc de Nemours, afin de trouver façon de le faire échapper ; et, pour ce, quelque chose qu’il vous en dise, n’en faites sinon ce que je vous en mande.
Monseigneur de Saint-Pierre, je ne suis pas content de ce que ne m’avez averti qu’on lui a ôté les fers des jambes et que l’on le fait aller en une autre chambre pour besogner avec lui, et que l’on l’ôte hors de la cage, et aussi que l’on le mène à la messe là où les femmes vont, et que on lui a laissé les gardes qui se plaignaient de paiement. Et pour ce, quelque chose que dise le chancelier, ni autres, gardez bien qu’il ne bouge plus de sa cage, et que l’on aille besogner là avec lui, et que l’on ne le mette jamais dehors, si ce n’est pour le géhenner, et que l’on le géhenne en sa chambre. Et vous prie que, si vous avez jamais volonté de me faire service, que vous me le faites bien parler.
Monseigneur de Saint-Pierre, si monseigneur le comte de Castres veut prendre la charge de la personne du duc de Nemours, laissez-la-lui, et qu’il n’y ait nulles gardes des gens de Philippe Luillier, et qu’il n’y ait que de vos gens des plus sûrs que vous ayez, à le garder. Et si vous me voulez venir voir un tour pour me dire en quel état les choses sont, et amener maître Etienne Petit quant et (avec) vous, vous me ferez grand plaisir; mais que tout demeure en bonne sûreté. Et adieu. Ecrit au Plessis du Parc, le premier jour d’octobre.
Louis »
Demande de grâce du duc de Nemours
Lettre du duc de Nemours au roi du 31 janvier 1477.
« Mon très redouté et souverain seigneur, tant et si humblement que faire plus ne sais, me recommande à votre grâce et miséricorde. Sire, j’ai fait à mon pouvoir ce que par messeigneurs le chancelier, premier président, monseigneur de Montaigu – (Louis de Graville qui eut une partie des dépouilles du duc de Nemours) – et vice-roi – (Boffile de Juge vice-roi en Roussillon et Cerdagne) – , vous a plu me commander car, pour mourir, ne vous veux désobéir ni désobéirai. Sire, ce que leur ai dit me semblait que devais dire à vous et non à autre, et, pour ce vous supplie qu’il ne vous plaise en être mal content, car rien jamais ne vous veux celer ni cèlerai. Sire, en toutes les choses dessusdites j’ai tant mespris envers Dieu et envers vous que je vois bien que suis perdu, si votre grand grâce et miséricorde ne s’y étend, laquelle, tant et si très humblement et en grand amertume et contrition de cœur que je puis, vous supplie et requiers, en l’honneur de la benoîte Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et mérites de la benoîte Vierge Marie et des grands grâces qu’ils vous font, plaise vous me la octroyer libéralement et donner. Sire, ce seul prix a racheté tout le monde, je le vous présente pour la délivrance de moi, pauvre pécheur, et entière abolition et grâce. Sire, pour les grands grâces qui vous sont faites, faites-moi grâce et à mes pauvres enfants, ne souffrez que pour mes péchés je meure à honte et confusion ni que ils vivent en déshonneur et au pain quérant. Et, si vous avez eu amour (amitié, affection) à ma femme – (Louise d’Anjou, fille du Roi René) – , plaise vous avoir pitié du pauvre et malheureux mari et orphelins. Sire, ne souffrez que autre que votre miséricorde, clémence et pitié soit juge de ma cause, ni autre que vous, vous plaise pour l’honneur de Notre-Dame, n’en ait connaissance. Sire, derechef en honneur de cette benoîte Passion de notre rédempteur et de la benoîte Vierge Marie, tant et si très humblement que faire puis, vous requiers pardon, grâce et miséricorde. Sire, en honneur des grâces et victoires que Dieu vous fait, plaise vous la me faire, et je vous servirai bien et si loyaument que vous connaîtrez que suis vrai repentant et que, de force de bien faire veux amender mes défautes. Pour Dieu, sire, ayez pitié de moi et de mes pauvres enfants et étendez votre miséricorde, et à toujours mais ne cesserons de vous servir et de prier Dieu pour vous, auquel supplie que par sa grâce, Sire, vous donne très bonne vie et longue et accomplissement de tous vos bons et hauts désirs.
Écrit en la cage de la Bastille, le dernier jour de janvier.
Votre très humble et très obéissant sujet et serviteur,
le pauvre Jacques »
Nemours est en effet décapité à Paris le 4 août 1477. Ses biens confisqués, sont distribués à ses juges et à des fidèles du roi.
VIII – Contre Maximilien : succès et revers
Février/avril 1478, Louis XI renforce son armée et convoque le ban et arrière-ban et procède à l’avitaillement des troupes.
Prise de Condé sur Escaut par les Français le 1er mai 1478.
En juin 1478, début de la disgrace d’Antoine de Chabannes:Louis XI lui retire la garde du Quesnoy .
En juillet 1478, t^rêve passé entre Louis XI et Maximilien. Durant la trêve, on prépare la campagne de 1479, et notamment, la reconquête de la France-Comté
Reconquête de la France-Comté mars 1479
Louis d’Amboise, en mai-juin avait pris et brûlé Dole, fait capituler Salins et continuait la reconquête de la France-Comté.
Mais, si l’année 1479 a vu la reconquête de la Franche-Comté, elle a, par ailleurs, été doublement néfaste à Louis XI. En mars, alors qu’il était aux Forges près de Chinon, le roi a été frappé d’une première attaque qui l’a privé de la parole pendant quelques jours. Dès lors, la préoccupation de sa santé grandit chez lui et transparaît dans ses lettres. D’autre part le 7 août, à Guinegatte près de Saint-Omer, son armée a été battue par celle de Maximilien, à l’issue d’une bataille à vérité indécise, mais dont la nouvelle l’éprouva fort : « en fut très dolent, écrit Communes, car il n ‘avoit point accoustumé d perdre… Dès ceste heure-là, délibéra de traicter paix avec ce duc d’Autriche, mais qu’il la peüst faire de tous pointz a son ava tage… »
Tout en combattant les Bourguignons, le roi avait fait faire un procès posthume au Téméraire, mais avait réservé bon accueil aux transfuges et les avait souvent comblés de faveurs, notamment lorsqu’il s’agissait de membres de la famille ducale.
Les transfuges sont bien accueillis en 1478, par octroi de seigneuries ou pécuniers tels : Anntoine, bâtard de Bourgogne, Philippe de Bourgogne seigneur de Beveren, Philippe de Hochberg, Baudouin de Bourgogne…
Le tournant de Guinegatte
Pour punir les Arrageois de leurs sentiments probourguignons, le roi, le 15 mars 1479, les a expulsés et a entrepris de repeupler la ville, rebaptisée «Franchise », avec des familles d’artisans prélevées autoritairement sur les autres villes du royaume. Après Guinegatte, les trêves sur le front d’Artois permettent l’ouverture de négociations de paix avec Maximilien. La disgrâce du grand maître Antoine de Chabannes est complétée. Mais la vigilance demeure.
IX – Affaires européennes
En plus des affaires de Bourgogne, la scène internationale continue à retenir l’attention du roi. Un contentieux risque de renaître avec le roi d’Angleterre Édouard IV qui se préoccupe du douaire de sa sœur, Marguerite d’York, veuve du défunt duc Charles de Bourgogne, et du mariage, prévu par les accords de Picquigny, de sa fille avec le Dauphin Charles.
Le pape et les Pazzi
Sur la scène italienne, le grand choc est la conjuration des Pazzi, avec l’assassinat de Julien de Médicis (26 avril 1478) et la guerre menée contre Florence, alliée de Louis XI, par le pape Sixte IV et le roi de Naples, Ferrante. Le roi profite de cette vive tension pour diminuer, avec l’accord du clergé, les droits du Saint-Siège sur l ’Église de France. Il peut ensuite se poser en arbitre de l’Italie, puis en promoteur de la paix des Chrétiens..
En vue de rétablir la paix en Italie, Louis XI avait combiné le mariage de Frédéric prince de Tarente, fils du roi de Naples Ferrante, avec sa nièce Anne de Savoie, fille de la duchesse Yolande, depuis feint de s’en désintéresser pour ne pas inquiéter ses alliés.
Par la suite, grâce à l’intervention du légat Julien de la Rovere, le roi accepte de donner une satisfaction à Sixte IV, le 20 décembre 1480.
Le roi de Castille
Sur la frontière méridionale, l’occupation du Roussillon par les Français peut être une pomme de discorde entre Louis XI et ses alliés les rois catholiques : devenu roi d’Aragon en janvier 1479, Ferdinand, époux d’Isabelle de Castille ne peut accepter cette situation.
L’héritage d’Anjou
Un autre grand souci du roi, de 1478 à 1480, est de s’assurer l’héritage de son oncle, le roi René (mort le 10 juillet 1480), duc d’Anjou et Bar, et comte de Provence, sans héritier mâle direct, mais dont le duc de Lorraine, René II, est le petit-fils par sa mère. Or René II revendique l’héritage angevin. Il faut donc convaincre le roi René de ne pas léguer ses terres à René II.
En janvier 1480, le roi donne à ferme le revenu du commerce du sel destiné aux pays d’Empire à l’est du Rhône pour 60 000 livres pour 6 ans.
En Picardie où règnent les trêves, la fin de l’année 1480 est marquée par d’interminables négociations avec les représentants de Maximilien, dans lesquelles Louis intervient constamment.
X – Soupçons, faveurs et collections
Mai 1479, Louis XI à un souci constant de l’évasion de ses bonnes monnaies d’or, exportées et remplacées dans la circulation par de moins bonnes pièces étrangères :
Par une lettre du roi du 7 décembre 1478, Louis XI avait approuvé et personnellement appuyé la demande du marquis de Saluces Louis II de pouvoir faire percer un tunnel entre son territoire et le Dauphiné sous le mont Viso.
Avec l’âge , certains traits de caractère de Louis et certaines de ses manies s’accentuent (mai 1480)
Le désir intense de se procurer des lévriers interfère de façon plaisante avec les grandes négociations de Maximilien. Car le seigneur de Bossu , Pierre de Hénin, conseiller de l’archiduc possède de forts beaux que Louis XI veut absolument avoir. Il en charge ses négociateurs (novembre 1480)
XI – La santé et la Piété
le Roi n’a pas une santé très florissante. Il est victime, à intervalles réguliers, de brûlures d’estomac, de crises de foie, de goutte et de congestion hémorroïdaire. En 1473, une attaque cérébrale le laisse prostré plusieurs jours.
Le Roi ne néglige aucune des ressources, célestes ou autres, susceptibles de prolonger sa vie. Il collectionne ainsi amulettes et talismans, qu’il considère comme de véritables fétiches religieux. Il se met en quête de toutes les reliques que comptent l’Occident, dans une course effrénée contre la mort, qu’il entend gagner par dessus tout. Il court, même malade, faire tous les pèlerinages de France.
XII – Fin de la guerre
En 1481 et 1482, la santé de Louis XI est mauvaise. II a eu une deuxième attaque en mars 1481, suivie d’une rechute en septembre, puis est resté souffrant jusqu’en février 1482. II a passé l’hiver 1481-82 à Thouars et à Argenton chez Commynes et, au printemps 1482, a effectué le pélerinage à Saint-Claude, son dernier grand voyage. Du côté de Maximilien, la mort de Marie de Bourgogne, des suites d’un accident le 27 mars 1482, a affaibli la position de l’archiduc aux Pays-Bas, et surtout en Flandre. Louis XI continue à rechercher la paix, non sans s’appuyer sur les Gantois, ennemis traditionnels du pouvoir bourguignon, et en prenant bien soin d’entretenir l’alliance avec les Suisses. Les trêves sont renouvelées et les négociations continuent jusqu’à la conclusion d’un traité.
Le 11 janvier 1481, Louis XI paie la somme de 150 000 florins promise aux Suisses pour les désintéresser après la conquête de la Franche-Comté.
Le traité avec Maximilien, conclu à Arras le 23 décembre 1482, couronne les efforts de Louis en ne mentionnant ni le duché de Bourgogne, ni les villes de la Somme, c’est-à-dire en ratifiant implicitement leur annexion. Le mariage du dauphin Charles et de Marguerite d’Autriche, fille de Marie et Maximilien, doit garantir le rattachement à la couronne de l’Artois et de la Franche-Comté. Le roi ne cache pas sa satisfaction.
Avec l’Angleterre, les bonnes relations doivent être maintenues malgré la mort d’Édouard IV le 13 avril 1483.
Soupçons à l’Ouest
En septembre 1482, le duc de Bretagne est toujours suspect. Le comte du Perche, René d’Alençon, soupçonné d’intelligence par le roi, avec la Bretagne et l’Angleterre, est traîné en justice sans motifs bien solides et interrogé (août 1481) par le chance lier à Chinon. Le procès se fait en octobre, mais finalement, il ne fut condamné qu’à demander pardon au roi, à lui jurer obéissance et à admettre des capitaines royaux dans ses places.
XIII – Comté de Provence
Tension avec le légat pontifical à Avignon ; Avignon et le Comtat Venaissin appartenaient au Saint Siège et étaient administrés par un légat pontifical, à cette époque le cardinal Julien de la Rovere que Louis XI détestait. Elle est liée à l’héritage de Provence. À la mort du roi René, en juillet 1480, la Provence était échue à Charles II du Maine, son neveu, que Louis XI avait reconnu sans difficulté. Toutefois, le duc de Lorraine, René II, revendique la Provence et y fait intervenir des troupes (mai-juillet 1481) parmi lesquelles celles du capitaine Jean de Dinteville, qui finit par venir en Avignon comploter contre le légat Julien de la Rovere, et est arrêté. Puis le comte de Provence a le bon goût de mourir aussitôt après avoir testé en faveur de son cousin Louis XI. Être comte de Provence ouvre au roi de nouveaux horizons.
XIV – Recommandations au Dauphin
Dans une lettre du 21 septembre 1482, Louis XI recommande à son fils, le Dauphin, comment gouverner le royaume :
« Amboise, 21 septembre 1482.
De par le roi
Nos amés et féaux, pour le bon et grand vouloir que nous avons à la couronne et royaume de France, aux sujets et habitants d’icelui, en retournant de notre voyage de Monseigneur saint Claude, où sommes allé en grande dévotion, et depuis à Notre-Dame de Cléry, à laquelle de tous temps nous avons très singulière confiance, en passant par notre ville et château d’Amboise, avons voulu voir notre très cher et très amé fils le dauphin de Viennois qui, après nous, et quand ce sera le bon plaisir de Dieu, notre Créateur, succédera à ladite couronne, et lui avons dit et remontré plusieurs grandes et belles choses pour l’instruction, enseignement et édification de lui, gouvernement et entretènement dudit royaume. Et, mêmement, d’entretenir les seigneurs, capitaines, chefs et officiers que nous y avons mis et ordonnés en l’état qu’il les trouvera après nous, sans rien muer ni changer, afin que les choses se puissent mieux conduire et entretenir au bien, honneur et profit, utilité et avantage de ladite couronne, pays et sujets d’icelle, ainsi que vous verrez plus à plain (complètement) par nos lettres patentes d’édit et ordonnances par nous sur ce faites. Et pour ce que notre plaisir est qu’elles sortissent (produisent) effet, nous vous mandons et expressément enjoignons que icelles vous fassiez lire, publier et enregistrer en notre cour et chambre des comptes, et le contenu en icelles garder et entretenir, sans jamais enfreindre, ores, ni pour le temps à venir et, comment que ce soit, qu’il n’y ait faute.Donné à Amboise le 21e jour de septembre.
Louis »
Louis XI avait demandé à son fils de promettre d’observer ses recommandations, ce que le dauphin fil en ces termes : « Monseigneur, à l’aide de Dieu, et quand son bon plaisir sera que les choses adviennent, je obéirai à vos commandements et plaisir et ferai, entretiendrai et accomplirai ce que m’avez enjoint, commandé et enchargé », et ensuite Charles prêta serment d’obéir aux demandes de son père.
XV – Prolonger la vie
Mais les préoccupations qui, à partir de 1481, envahissent la correspondance du roi sont celles du salut, de la santé de l’âme et, plus encore, de celle du corps, avec l’espoir non dissimulé de pouvoir prolonger la vie. Le souci de sa santé l’obsède à tel point que, dans des lettres patentes, acte fort officiel, portant don des vignes de Chenoves à l’abbaye de Saint-Claude, données à Arbent en avril 1482, on lit ces lignes surprenantes : « afin que notredit Créateur de plus en plus à son intercession nous conserve en santé le temps advenir… » Et, plus loin : «Lesquelz religieux et couvent et leurs successeurs en icelle abbaye seront tenus prier Dieu, Notre-Dame et mondit Seigneur saint Claude pour notre état, prospérité et santé, de notre très cher et très amé filz le daulphin de Viennois et pour nostre très chère et très amée compaigne la royne, et mesmement pour la bonne disposicion de notre estomac, que vin ne autres viandes ne nous y puissent nuyre et que l’ayons tousjours bien disposé… » Pour obtenir ce maintien en santé, le roi use de divers procédés tels que des vœux ou commutation de vœux. Le roi a fait vœu d’offrir le pesant du dauphin, évalué par Jean Bourré, secrétaire du roi, à 132 marcs soit 32,3 kg, le dauphin a alors 11 ans. Le 20 mai 1481, un somme de deniers est allouée à Monseigneur Saint Jacques de Galice (Compostelle) ; de même des pensions à l’évêque d’Albi , Louis d’Amboise.
Pareillement il donne à l’église de Saint Gilles de Cotentin près de Saint Lô, en 1482, pour manifesté « sa dévotion » la somme de 1200 livres tournois de rente à prendre sur sur les lieux et domaines de toute la vicomté ; lors de sa première « dévotion » à ce prieuré en septembre 1473, il avait offert un cerf de cire pesant 160 livres.
Il a donné et aumôné aux religieux, abbé et couvent de Saint Claude 4000 livres tournois de rente sur certains lieux et choses du Dauphiné pour sa prospérité et sa santé et celle du dauphin ; 150 livres tournois au profit de l’église paroissiale de Saint Avertin près de Tours ; 100 livres tournois de rente à ‘église Notre Dame de Pitié à Tours.
Le 15 octobre 1482 , il sollicite le Saint Père pour faire venir Saint François d’Assise.
Le 17 mars 1481, il offre à Prémery (58) un coffre contenant la robe de Saint Nicolas. Le 11 février 1482, il offre un petit coffret contenant une épine de la couronne du Christ et autres reliques, à l’église collégiale Notre Dame de Cléry, ainsi qu’un grand plat de pierre de porcelaine garni d’or.
Le 19 décembre 1481, il demande à Pierre Cadouret, prieur de N.D. de Salles à Bourges des prières pour sa santé ; il avait demandé des prières dès avril 1475 lors de ses premières inquiétudes pour sa santé.
De nombreuses offrandes, dons et fondations sont encore faits à la fin de sa vie et même d’avoir tenté d’avoir une petite goutte de la Sainte Ampoule au l’abbé de Saint-Rémi de Reims ; le pape accordera la faveur pour un certain temps seulement. – Cette fiole, censée avoir été apportée par le Saint Esprit pour le baptême de Clovis, contenant l’huile sainte dont était oint le roi à son sacre, gardée en l’abbaye Saint-Rémi de Reims. –
« A notre cher et bien amé l’abbé de Saint-Remi de Reims.
Saint-l.aurent-la-Roche, 17 avril 1482.
De par le roi
Cher et bien amé, nous avons vu les lettres que nous avez écrites et savons très bon gré de la belle messe et des prières que vous et vos religieux avez faites et faites pour nous. Nous voudrions bien, s’il se pouvait faire, avoir une petite goutte de la Sainte Ampoule. Et pour ce nous vous prions que vous avisiez et enquerriez, s’il se pouvait faire, d’en tirer un peu de la fiole où elle est, sans péché ni danger. Et si ainsi est qu’on le puisse faire, vous-même apportez-nous en, en quelque part que soyons, car plus grand plaisir ne me pourriez faire. Mais à tous vous prie que vous avisiez bien et comment il se pourra faire. Donné à Saint-Laurent de la Roche, le 17e jour d’avril.
Louis »
Le Pape a donné son aval
« À nos chers et bien amés les religieux et couvent de l’abbaye de. Saint-Remi de Reims.
Montils-lès-Tours, 14 juillet 1483.
De par le roi
Chers et bien amés, notre Saint-Père le pape, par ses bulles et lettres apostoliques à nous octroyées, a permis faire apporter par devers nous, pour aucunes singulières dévotions et pour certain temps seulement, la Sainte Ampoule envoyée des cieux par la grâce du Saint-Esprit à Monseigneur saint Remi jadis archevêque de Reims. A cette cause et pour accomplir ledit octroi et permission et nous apporter ladite Sainte Ampoule, nous envoyons présentement par delà notre amé et féal conseiller et premier chambellan Claude de Montfaucon, gouverneur d’Auvergne, et lui avons chargé soi adresser à vous qui avez la garde de ladite Sainte Ampoule. Si vous prions et requérons tant acertes et de cœur que faire pouvons, et sur tant que désirez notre santé, entretènement et prospérité, et néanmoins mandons et commandons que à notredit conseiller veuilliez bailler incontinent ladite Sainte Ampoule, pour la nous apporter, afin d’accomplir la dévotion que avons à icelle. Et nous vous promettons de bonne foi et sur notre honneur et en parole de roi que dedans bref temps la vous renverrons et remettrons ou ferons remettre en vos mains, comme elle est de présent, et il n’y aura point de faute…..
Louis »
Par lettre du 13 octobre 1482 au Saint Père, il sollicite la canonisation d’un saint ermite, Jean de Gand ancien religieux de Saint Claude, en vue de bénéficier de ses miracles. Il fera venir au Plessis François de Paule, dans les prières de qui il a toute confiance ; François de Paule arrivera à Tours à la fin avril ou début mai 1483 et devait y rester jusqu’à sa mort en 1507.
De même il comblera de faveur son principal médecin Jacques Coitier «en reconnaissant les grands, agréables et continuels qu’il nous a faits services et fait chacun jour, tant pour la conservation de notre santé que autrement … »
XVI – La fin
Louis XI s’est éteint au Plessis-du-Parc, le samedi 30 août 1483, à huit heures du soir, à l’âge de soixante ans, un mois et vingt-huit jours, après un règne de vingt-deux ans, un mois et huit jours. Selon Communes, témoin oculaire, trois personnages, dont Jacques Coictier, se chargèrent de prévenir le roi de l’approche de sa dernière heure et ils le firent en ces termes plutôt abrupts :
« Sire, il faut que nous nous acquittions. N’ayez plus d’espérance en ce saint homme ni en autre chose, car sûrement il est fait de vous ; et, pour ce, pensez en votre conscience, car il n ‘y a nul remède. » Et chacun dit quelque mot assez bref, auxquels il répondit : J’ai espérance que Dieu m’aidera, car par aventure je ne suis pas si malade comme vous pensez. » »
Laissons encore la parole à Philippe de Commynes :
« Après tant de peurs et de suspicions et douleurs, Notre-Seigneur fit miracle sur lui et le guérit tant de l’âme que du corps, comme toujours a accoutumé en faisant ses miracles, car il l’ôta de ce misérable monde en grand santé de sens et d’entendement, en bonne mémoire, ayant reçu tous ses sacrements, sans souffrir douleur que l on connût, mais toujours parlant jusques à une patenôtre avant sa mort. Ordonna de sa sépulture, et qu’il voulait qui l’accompagnât et par quel chemin, et disait qu’il n’espérait mourir jusques au samedi et que Notre-Dame lui procurerait cette grâce, à qui toujours avait eu fiance et grande dévotion et prière, et aussi au samedi ensuivant enterré. Et tout ainsi lui advint, car il décéda le samedi pénultième d’août, mil quatre cent quatre vingt et trois, à huit heures au soir, audit lieu du Plessis, où il avait pris la maladie le lundi devant. Notre-Seigneur le veuille avoir reçu en son royaume de Paradis. Amen ! »
Sur l’œuvre de Louis XI, un observateur assez modéré, Jean Le Clerc, secrétaire du roi, mais proche d’Antoine de Chabannes, porte le jugement suivant :
«… en décédant de ce monde en l’autre, laissa à son fils quatre grands trésors qui sont tels :
– Le premier était qu’il le laissa garni d’une grosse, puissante et bonne armée de quatre mille cinq cents hommes d’armes, d’un bon nombre de Suisses, grand nombre de francs-archers et autres gens de guerre qu’on estimait à soixante mille combattants à sa soudée, qui étaient payés, tout prêts à le servir contre tous ses ennemis.
– Le second trésor était qu’il était garni d’un gros et merveilleux nombre d’artillerie et de l’équipage qui y fallait, plus que jamais n ’avait été roi qui fut par avant lui.
– Le tiers était qu’il laissa toutes ses villes du royaume, tant celles qui étaient en paix comme celles qui étaient sus les frontières, si bien fortifiées qu ’il ne serait possible de y mieux pourvoir.
– Et, pour le quart trésor, donna paix à tous les rois et princes ses voisins hors son royaume, de grâce spéciale, non obstant qu’ils ne pouvaient avoir puissance contre lui qui lui pût nuire… »
XVII – Généalogie de Louis XI
Grands parents paternels
- Charles VI le Fol de Valois, Roi de France 1368-1422 (1385)
- Isabeau de Bavière de Wittelsbach, Reine de France 1371-1435
Grands parents maternels
- Louis II d’Anjou, Duc d’Anjou 1377-1417 (1381)
- Lucie Visconti, Comtesse de Kent 1372-1424
- Louis II d’Anjou, Duc d’Anjou 1377-1417 (1400)
- Yolande d’Aragon, Duchesse consort d’Anjou 1384-1442
Parents
- Charles VII le Victorieux de Valois, Roi de France 1403-1461
- Marie d’Anjou, Reine de France 1404-1463
Union(s) et enfant(s)
- Marié le 24 juin 1436 (vendredi), Cathédrale Saint-Gatien – Tours, Indre-et-Loire avec Marguerite Stuart, Princesse d’Écosse 1424-1445
- Relation entre 1446 et 1451 avec Marguerite de Sassenage, Dame de Beaumont 1424-1467 (Mariée le 15 janvier 1438 (lundi) avec Amblard IV de Beaumont ) dont
- Isabeau de Valois 1438-
- Marie de Valois 1449..1451-1469
- Relation vers mars 1447 avec Phelise Regnard, Châtelaine de Beaumont en Trièves-1456, Châtelaine de La Mure (1461-1463) Née entre 1424 et 1429 – Die, Drôme. Décédée en août 1474 – Château de Plessis-lèz-Tours – La Riche, Indre-et-Loire.
- Mariée le 2 novembre 1447 (mardi) avec Jean Pic, Écuyer †1452, écuyer, était fils d’un autre Jean Pic, notaire de Grenoble, qui fut consul de cette ville en 1395, 1409, 1414 et 1435. et qui est qualifié de noble dans un acte du 26.8.1408; qu’il fut confirmé dans sa charge de châtelain de Beaumont en Trièves, par lettres du 14 septembre 1450 et mourut en 1452. Il fut remplacé comme châtelain, le 5 juin 1452, par sa veuve Félise Regnard.
- Mariée en 1476 avec Grâce d’Archelles Ecuyer de l’écurie du Roi Relation vers mars 1447 avec Louis XI le Prudent de Valois, Roi de France 1423-1483 dont
- Guyette de Valois 1445-1502 mariée en 1460 avec Charles de Sillons
- Jeanne de Valois, (Johanna de Valois) (L’amirale de Bourbon), 1447 – le 15 juin 1519 (dimanche) – Château du Coudray Montpensier – Seuilly, Indre-et-Loire. Dame de Mirebeau, Comtesse de Roussillon et de Ligny, Dame de Valognes, d’Usson et de Mirebeau. Inhumée en 1519 – Couvent des Cordeliers de Mirebeau – Bourg-la-Reine, Hauts-de-Seine
- Mariée avec Charles de Seillons † secrétaire de la Maison du Roi
- Marié le 9 mars 1451 (dimanche), Château des ducs de Savoie – Chambéry, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, France, avec Charlotte de Savoie, Reine de France 1441-1483 dont
- Louis de Valois 1458-1460
- Joachim de Valois 1459-1459
- Louise de Valois 1460-1460
- Anne de Valois, Duchesse de Bourbon 1461-1522
- Jeanne de Valois, Reine de France 1464-1504
- François de Valois, Duc de Berry 1466-1466
- Louis de Valois 1467-1467
- Charles VIII l’Affable de Valois, Roi de France 1470-1498
- François de Valois 1472-1473
- Relation entre 1475 et 1477 avec La Gigonne . Née à Lyon, Rhône. Veuve d’un marchand lyonnais tué par ses soldats lors de sa campagne de Picardie. La Dame était venue se plaindre à Louis et lui réclamer justice. Louis XI, la mariera à un parisien, Geoffroy de Caulers. Dont un enfant
- Jeanne de Gigon décédée en 1519
- Relation entre 1475 et 1477 avec La Passe-Fillon . Elle était l’épouse du marchand Antoine Bourcier, fameux joaillier de Paris, nommé Passefilon (dont Louis XI paiera la complaisance). dont
- une fille mariée avec Honorat de Bueil
- Relation avec Mme Bon .Née – Mantes-la-Jolie, Yvelines. Fut mariée par le roi à Jean Bon originaire du pays de Galles.Jean Bon complota avec Charles de Téméraire et essaya d’empoisonner Louis lui fit crever les yeux, et on le rendit à sa femme.
- Relation vers 1476 avec Huguette de Jacquelin. Née à Dijon, Côte-d’Or était d’assez bonne naissance, mais fort pauvre.Un fils né et mort en 1478
- Joachim né et mort en 1478
Frères et sœurs
- Louis XI le Prudent de Valois, Roi de France 1423-1483
- Jean de Valois 1425-1425
- Radegonde de Valois 1427-1444
- Catherine de Valois, Comtesse de Charolais 1428-1446
- Jacques de Valois 1432-1437
- Yolande de Valois, Régente de Savoie 1434-1478
- Jeanne de Valois 1435-1482
- Philippe de Valois 1436-1436
- Marguerite de Valois 1437-1438
- Jeanne de Valois 1438-1446
- Marie de Valois 1438-1439
- Marie de Valois 1441-1441
- Madeleine de Valois, Régente de Navarre 1443-1495
- Charles de Valois, Duc de Berry 1446-1472
Demi-frères et demi-sœurs
Du côté de Charles VII le Victorieux de Valois, Roi de France 1403-1461
- avec Agnès Sorel, Dame de Beauté-sur-Marne 1422-1450. Née à Coudun, Oise. Décédée le 9 février 1450 (samedi) – Le Mesnil-sous-Jumièges, Seine-Maritime à l’âge d’environ 28 ans. Inhumée en 1450 au Château de Loches – Indre-et-Loire.
- Marie de Valois, Comtesse de Taillebourg 1444-1473 Mariée le 28 octobre 1458 (jeudi), Vendôme, Loir-et-Cher avec Olivier de Coëtivy, Comte de Taillebourg 1418- 1480 dont :
- Marguerite de Coëtivy décédée en 1512
- Charles François de Coëtivy, Comte de Taillebourg
- Charlotte bâtarde de Valois 1446-1476 Mariée le 21 mars 1462 (vendredi) avec Jacques de Brézé, Comte de Maulevrier †1494. Assassinée par son mari Jacques de Brézé, pour cause d’infidélité dont
- Louis de Brézé, Comte de Maulévrier 1463-1531
- Jeanne de Valois 1448-1467 née à Nogent sur Marne (Val de Marne). Mariée le 23 décembre 1461 (lundi) avec Antoine de Bueil, Comte de Sancerre †1506. Louis XI donna 40 000 écus d’or pour la dot.
- avec Antoinette de Maignelais, Dame de Maignelais 1434-1474 . Dame de Maignelais et de Menetou, Châtelaine de Cholet, Baronne de Villequier, Dame d’Estableau, de La Guerche et d’Issoudun . Décédée à Cholet, Maine-et-Loire à l’âge d’environ 40 ans. Inhumée en 1474 – Cordeliers – Cholet, Maine-et-Loire. Elevée par Agnès Sorel, qui la présentera à la cour. Mariée en octobre 1450 avec André de Villequier, Vicomte de Saint-Sauveur 1420-1454. A l’occasion de son mariage avec Antoinette de Maignelais, il a reçu du roi Charles VII non seulement l’île d’Oléron et deux terres sises à Marennes, mais aussi une terre en Touraine appelée la Guerche. Elle entretient un escadron volant composé de sa sœur Jeanne et de ses deux belles-sœurs Marguerite de Monteil et Antoinette de Vauvert surnommée « Toinine » afin de distraire Charles VII. En 1456, suite au procès fait à Jacques Cœur, elle acquiert la terre de Menetou-Salon pour la somme de 8 000 écus d’or. En 1461, elle achète la châtellenie de Cholet. Relation après 1450 avec Charles VII le Victorieux de Valois dont une fille.
- Jeanne de Valois
- Relation après 1461 avec François II de Montfort, Duc de Bretagne 1435-1488 dont
- François d’Avaugour, Comte de Vertus 1462-1510, chassée de la cour par Louis XI, Mais à la demande de celui-ci, elle devient la favorite du duc de Bretagne, François II
Relations familiales
- Parrain et marraine :
- Jean II d’Alençon, Duc d’Alençon 1409-1476
- Catherine de L’Isle-Bouchard, Dame de L’Isle-Bouchard 1399-1474
- Filleul : Louis Richard de Saint-Priest, Seigneur de Saint-Priest †/1480
- Filleule : Marie de Bourgogne, Duchesse de Bourgogne 1457-1482
- Filleul : Louis XII le père du peuple d’Orléans, Roi de France 1462-1515
- Filleul : Louis de Brézé, Comte de Maulévrier 1463-1531
Fils turbulent de Charles VII contre lequel il se révolta à deux reprises, Louis XI hérita d’une France délivrée de l’occupation anglaise. Sa mort marque la fin d’un règne qui a redéfini la monarchie française. Louis laisse derrière lui un royaume pacifié, unifié et prêt à entrer dans la Renaissance. Louis XI fait passer le royaume de France d’un système économique archaïque à un système moderne.
Sources :
- https://ekladata.com/Louis-XI-sa-descendance.pdf
- https://gw.geneanet.org/
- Lettres gothiques
