TISSAGE ET MÉTIERS A TISSER





Tissage et métiers à tisser

 

 

 

 

 

 

 

Le tissage, véritable pilier de l’industrie textile, est un art millénaire qui réunit savoir-faire ancestral et prouesses technologiques modernes pour donner une infinité de tissus. En entrecroisant des fils de chaîne, tendus dans la longueur, et des fils de trame, insérés transversalement. Ce procédé de fabrication d’étoffes se réalise sur un métier à tisser. Selon qu’il s’agisse d’un modèle artisanal en bois ou d’une machine industrielle moderne (à jet d’air, à lance ou Jacquard), le principe de base reste strictement identique.

 

 

Brève histoire

 

 

Au fil du temps des améliorations sont apportées depuis l’apparition des premiers métiers à tisser :

  • vers 1400 avant J.-C. les premiers métiers verticaux apparaissent ; la chaîne est alors tendue entre deux barres horizontales.
  • vers 1000 avant J.-C. les métiers horizontaux ont un cadre rigide et un bâton est attaché à certains fils de chaîne afin d’ouvrir la foule en le soulevant.
  • au Moyen Âge, des pédales sont utilisées pour soulever tour à tour des lisses différentes afin d’obtenir des motifs.
  • en 1733, la navette volante: John Kay invente une navette à roulettes lancée mécaniquement, qui accélère fortement le tissage.
  • en 1785, Edmund Cartwright brevette le premier métier à tisser mécanique et crée à Doncaster, en 1789, la première usine avec des métiers actionnée d’abord par l’énergie hydraulique, puis par la vapeur. Ce qui était auparavant une activité artisanale est devenue un travail d’usine.
  • En 1801, inspiré par les travaux antérieurs de Basile Bouchon (aiguilles), Jean-Baptiste Falcon (cartes perforées) et Jacques Vaucanson (cylindre), Joseph Marie Jacquard, avec l’aide de Jean-Antoine Breton, invente le métier Jacquard qui tissait ses motifs grâce à des cartes perforées.
  • 1822 : Richard Roberts met au point le premier métier à tisser en fonte à vapeur, réduisant les cassures de fils.
  • En 1937, l’industriel Raymond Dewas invente un nouveau système de métier à tisser qui supprime la navette traditionnelle et distribue le fil en continu au moyen de bobines, augmentant considérablement la productivité.
  • XXe siècle : Le tissage s’adapte à de nouvelles matières synthétiques et techniques. Dans les années 1950 à 1970, des innovations comme le tissage de la fibre de verre et de la fibre de carbone font basculer le métier dans l’aéronautique et les hautes technologies.
  • Aujourd’hui : Les métiers industriels sont entièrement automatisés et pilotés par ordinateur (CAO/FAO), tandis que le tissage manuel et traditionnel subsiste pour l’artisanat, la tapisserie et la haute couture.

 

 

 

 

Métier à tisser les étoffes façonnées de 1746 de Vaucanson destiné à remplacer l’ancien métier à la tire.Le mécanicien français Jacques Vaucanson, célèbre pour ses prestigieux automates, est nommé inspecteur général des manufactures de soie en 1741. Quelques années plus tard, il perfectionne les métiers à cartes perforées de Basile Bouchon et Jean-Baptiste Falcon, encore tributaires de l’intervention humaine. L’originalité du projet de Vaucanson réside dans l’automatisation complète du travail grâce à une reproduction du geste des tireurs de lacs et du tisseur par l’animation des outils de tissage. La mécanique, le chasse-navette et le battant sont entraînés par des cames tandis que le tissu s’enroule régulièrement à l’aide d’une vis sans fin, le dispositif permettant la fabrication d’excellentes étoffes façonnées. Apparu trop tôt dans l’histoire des techniques, ce métier novateur ne connaîtra aucune application industrielle.

 

 

Le début de la mécanisation du métier à tisser au XVIIIe siècle a changé la manière de tisser en Grande-Bretagne, puis à travers le monde. Il était avant un objet personnel, devenant alors industriel et permettant la production puis vente de grandes quantités de textiles. Cette mécanisation massive bouleverse l’industrie textile et eut un impact social important provoquant notamment les célèbres révoltes des Canuts à Lyon (1831-1834) face à la baisse des salaires et aux bouleversements du métier.

La mécanisation entraîne aussi l’introduction de nouveaux matériaux. Le coton, massivement importé des colonies, remplace progressivement le lin et la laine dans de nombreuses catégories de tissus. Les teintures synthétiques, développées à partir des années 1850, ouvrent un spectre de couleurs impossible à atteindre avec les colorants naturels. La production se multiplie, les prix baissent, et le textile devient accessible à des couches de la population qui n’avaient jamais pu s’offrir certaines étoffes auparavant.

Malgré les progrès mécaniques, le fonctionnement de base est resté le même depuis des siècles : le métier à tisser fixe les fils de chaîne selon la tension désirée, tout en permettant le passage des fils de trame, perpendiculairement, entre les fils de chaîne.

 

 

Début du tissage

 

 

Durant toute la période du Moyen Âge la laine reste la fibre la plus employée suivi du lin et du chanvre et en tout dernier la soie et le coton.

Le processus de fabrication de l’étoffe débute par la tonte des moutons qui se fait en mai à l’aide de cisailles (sorte de grand ciseau) suivi du triage, pour éliminer les impuretés et séparer les qualités de laine, celle de moins bonne qualité servira de bourre ou pour du fil très grossiers qui aura d’autres utilités que celle de la fabrication de vêtements. Viens ensuite le lavage en eau chaude répétés et du graissage à l’huile ou au beurre pour protéger la laine, chez les paysans le lavage moins rigoureux afin de conserver un peu de lanoline dans la laine est pratiqué plutôt que le graissage.

La transformation de la laine en fils débute avec le peignage, réalisé à l’aide de peigne fabriqué d’un morceau de bois en forme de T garnie de longues dents, à noter que le cardage avec des brosses est apparue au XIV siècle.

À cette époque, le filage est le travail des femmes et se fait avec une quenouille, bâton qui permet de fixer le paquet de laine peigné et avec le fuseau qui sert à tordre et enrouler le fil. Cette méthode a été utilisée jusqu’à l’arrivé du rouet au XVe siècle. Enfin, pour ajouter un peu de couleur à ces fils on faisait des teintures à base de plantes.

Le tissage, la formation de l’étoffe à partir du fils, se fait sur métier vertical, un cadre de bois sur lequel les fils sont attachés et tendus par des poids.

 

 

Métier à tisser à bras (DNA)

 

 

Les différents types de métiers à tisser

 

 

Un métier à tisser est l’outil, manuel ou automatique, qui réalise le tissage. Son rôle est double: tendre les fils de chaîne, et permettre de les croiser avec les fils de trame (duites) de façon régulière. Sans lui, impossible d’entrecroiser proprement une chaîne et une trame: les fils s’emmêleraient. Le métier organise cet entrecroisement, fil après fil, rang après rang.

Il existe plusieurs grands types de métiers à tisser, classés selon leur mode de fonctionnement, leur taille et l’usage auquel ils sont destinés : 

 

1. Les métiers à tisser manuels et artisanaux

 

 

Le métier à tisser rudimentaire consiste en un cadre en bois. Le principe est le suivant :

  • une série de fils (la chaîne) est tendue entre deux bâtons fichés dans le sol ;
  • avec une perche, un fil de chaîne sur deux est tiré afin de créer un espace vide (la foule);
  • dans cet espace vide, un autre fil (la trame) passe perpendiculairement ;
  • puis, les nappes sont inversées pour créer une autre foule ;
  • le fil de trame repasse alors dans cette autre foule.
  • Le métier à cadre : Un simple cadre en bois (parfois avec encoches) sur lequel on tend les fils de chaîne.Ces métiers basiques utilisent des cadres rigides pour grouper les fils de chaîne, actionnés manuellement ou par pédales pour former la foule. Ils sont adaptés aux armures simples comme la toile ou la sergée, avec une structure horizontale ou verticale permettant une largeur limitée, idéale pour l’artisanat domestique ou la production de tissus unis en petite échelle.  
  • Le métier à peigne envergeur : Équipé d’un peigne rigide central qui sert à soulever ou baisser les fils de chaîne pour créer la foule. Parfait pour confectionner des écharpes, des torchons ou de petits métrages. 
  • Le métier de table à cadres (métiers à lames): Plus compact, il dispose généralement de 4 à 16 cadres (lames) actionnés par des leviers ou des poulies pour réaliser des armures plus complexes.: Équipés de lames (ou harnais) reliées à des pédales, ils permettent de soulever des groupes de fils de chaîne pour insérer la trame. . La mécanique rotative offre une rotation continue des lames pour motifs répétitifs, tandis que l’atelier ENAD Aubusson utilise des versions avancées pour tapisseries, avec jusqu’à 24 pédales pour une sélection précise des fils.

À l’extrémité, des roues dentées (les frettes) sont connectées à des cliquets articulés aux jumelles pour bloquer la rotation. La jumelle de tension permet, grâce à une vis sans fin, de tendre la chaîne. Chaque ensouple comporte une rainure, la gorge du verdillon, qui reçoit le verdillon, une tringle métallique ou une baguette solide ou un morceau de bois qui relie l’ensouple à la chaîne sur un métier à tisser ou un châssis de tapisserie de haute-lice Les verdillons permettent de fixer la chaîne.

Les coterets sont deux plateaux de bois portés par des pieds carrés ; ils servent aussi de siège. La planche à dessin est située contre l’ensouple avant, sous la chaîne. La chaîne est montée sur le métier sous forme de nappe tendue entre les ensouples.

Les fils de chaîne pairs sont passés dans une même série de lisses, les impairs dans une autre. Les bâtons permettent de faire abaisser une moitié des fils de chaque lame. Les bâtons de lisse sont solidaires des bâtons de lame et les bâtons de lame aux branches du fléau du sautereau. Chaque extrémité du fléau est reliée à chacune des pédales. En appuyant sur une pédale, une moitié des fils de chaîne s’abaisse, pour la première croisure ; la seconde est effectuée avec l’autre pédale. Le lissier peut travailler les mains libres, ce qui n’est pas le cas en haute lisse.

 

 

2. Les métiers traditionnels spécifiques

 

 

  • Le métier horizontal traditionnel : L’un des plus anciens, où les fils de chaîne sont tendis horizontalement près du sol entre deux barres ou pieux.
  • Le métier vertical fixe ou à ensouples rotatives : Utilisé principalement pour le tissage artisanal des tapis d’Orient (type Tabriz). 

 

 

3. Les métiers industriels et historiques

 

 

  • Le métier à bras traditionnel : Équipé d’une navette volante ou lancée à la main, historiquement utilisé dans les ateliers avant l’industrialisation massive. 
  • Le métiers à la grande tire : Systèmes manuels évolués datant de 1605 (Claude Dangon), ils emploient des cordes verticales (lacs) et poulies manipulées par un tireur pour soulever sélectivement les fils, permettant des motifs complexes sans mécanisation complète. Implantés à Lyon au XVIIe siècle, ils nécessitent un assistant pour actionner les lacs depuis le haut du métier, avec des largeurs jusqu’à 80 cm, utilisés pour tapisseries ou tissus façonnés avant l’ère Jacquard.
  • Le métier mécanique : Inventé par Edmund Cartwright (1785), actionné par la force motrice (vapeur puis électricité) pour une production de masse en usine. Les métiers mécaniques : Motorisés par vapeur ou électricité depuis le XIXe siècle, ils automatisent la propulsion de la navette via des rouages, augmentant les cadences à plusieurs centaines de passages par minute. Exemples : le métier spinning jenny de James Hargreaves (1764) pour entraînement multiple, ou les modèles Turpault (Cholet) avec ensouples avant et arrière pour enroulement automatique du tissu. Ils incluent des insertions par projectile (1945), pinces ou jets d’eau/air pour tissus synthétiques, offrant une production industrielle uniforme et rapide des tissus.
  • Le métier Jacquard : Inventé par Joseph Marie Jacquard (1801). Il contrôle individuellement les fils via cartes perforées (ancêtre de l’informatique) lues par un cylindre, automatisant les armures complexes pour motifs complexes ou damas. Le mécanisme inclut crochets, aiguilles et platines pour sélectionner les lisses, avec des versions électroniques dès 1983 (Milan) intégrant programmation informatique pour une précision infinie. Exemples : le métier de la Manufacture Royale du Parc (Aubusson) pour velours coupés, ou le modèle Neolice avec pilotage électronique pour tissus industriels. Ces cartes perforées ont une descendance surprenante: elles ont inspiré Charles Babbage puis Herman Hollerith, et sont devenues un moyen de programmer les premiers ordinateurs.

 

 

Les pièces d’un métier à tisser

 

 

Quel que soit sa taille, un métier réunit toujours les mêmes organes. Ces pièces travaillent ensemble en un mouvement continu: l’ensouple libère la chaîne, les cadres ouvrent la foule, la navette passe, le peigne tasse, puis le tissu s’enroule à l’avant. Un métier bien réglé, c’est cette chaîne de gestes qui s’enchaînent sans accroc, rang après rang.

  • L’ensouple: le gros rouleau, à l’arrière, qui stocke la chaîne et la déroule au fur et à mesure du tissage; une seconde ensouple enroule le tissu fini à l’avant.
  • Les lisses: de fins éléments percés d’un œillet; chaque fil de chaîne passe dans une lisse, ce qui permet de le lever ou de l’abaisser.
  • Les cadres (ou lames): les châssis qui portent les lisses; en soulevant tel ou tel cadre, on choisit quels fils montent pour former le motif.
  • Le peigne (ou ros): une grille verticale où passent les fils; monté dans le battant, il tasse chaque fil de trame contre le précédent.
  • La navette: la pièce, souvent en bois, qui porte le fil de trame et le fait traverser la foule d’un bord à l’autre.
  • Les pédales: sur les grands métiers, elles commandent les cadres au pied, libérant les mains pour lancer la navette.

 

 

Métier de basse lisse

 

 

Les grandes étapes du tissage

 

 

Préparation des fils de chaîne

 

 

Le processus commence par le bobinage, où les fils sont enroulés sur des bobines pour un déroulement fluide.

 

  • L’ourdissage (préparation de la chaîne) : Après transformation des fibres en fils dans une usine de filature, s’effectue l’ourdissage consistant à préparer les fils de chaîne qui seront ensuite installés sur les métiers à tisser. Une centaine de fils sont assemblés dans l’ourdissoir. Les fils de chaîne sont mesurés et disposés parallèlement pour être installés sur le métier. Pour faciliter l’utilisation du fil et éviter la casse en machine, le fil est bobiné, doublé et retordu.
  • L’encollage renforce les fils en les enduisant d’une substance collante (amidon ou synthétique) pour accroître leur résistance à la friction et réduire les cassures pendant le tissage (la colle sera enlevée à la fin du tissage). 
  • L’enliassage (ou passage en lisses) : Les fils de chaîne (disposés dans le sens de la longueur) sont installés et tendus sur de grandes bobines ou ensouples. Chaque fil est enfilé avec précision à travers les lisses (œillets ou mailles) des cadres du métier selon l’ordre du patron choisi. et les peignes du métier où les fils de chaîne traversent les dents du peigne (ou batteur) pour maintenir un espacement régulier et précis, avec plusieurs fils par dent selon la finesse désirée.
  • L’attachage : Les fils de chaîne sont noués à l’avant du métier (sur l’ensouple ou le verdillon), puis les pédales ou les mécanismes sont reliés aux cadres.

Sur les anciens métiers à tisser, les fils de trame, transversaux et flexibles, sont préparés via le canettage, où ils sont enroulés sur des canettes (petites bobines) placées dans la navette. Cette opération assure un va-et-vient régulier du fil pendant l’insertion, avec une tension adaptée au matériau.

Sur les métiers modernes, les fils sont insérés directement dans le tissage à partir de leur bobine à l’aide d’un projectile, d’une lance, de jets d’air ou encore de jets d’eau.

 

L’entrecroisement, tissage proprement dit



  • La foulée ou foule: Les fils de chaîne sont séparés en deux ou plusieurs nappes (par exemple, les fils pairs et les fils impairs) à l’aide de cadres munis de lices. Cet écartement triangulaire forme un tunnel appelé la « foule ». Le métier soulève et abaisse certains fils de chaîne pour créer un espace (le pas), selon un programme (souvent informatisé ou à cartes pour le tissage Jacquard) pour laisser passer la trame (fils horizontaux) perpendiculairement.
  • Le passage de la trame : Le fil de trame (à l’aide d’une navette ou à la main) est inséré à travers la chaîne traversant cette ouverture d’un bord à l’autre de la largeur du tissu. 
  • Le battage: Le peigne (ou une batte) est ramené vers l’ouvrage pour tasser et serrer le fil de trame contre le rang précédent pour rendre l’étoffe compacte et régulière. Une fois le rang tassé, on inverse la position des fils de chaîne (ceux qui étaient en haut passent en bas, et inversement) et l’opération recommence pour créer l’armure du tissu (toile, sergé, satin, etc.). En changeant l’ordre des levées, on change l’armure, et donc le type de tissu obtenu. La même mécanique, pilotée différemment, donne une toile unie, un sergé en diagonale ou un motif complexe. Le tisserand ne fait que décider, rang après rang, quels fils lèvent. 

 

  • Contrôle et finition : Les opérateurs surveillent la production pour réparer immédiatement les casses de fils et garantir un tissu sans défaut. Une fois le tissu terminé, on réalise des ourlets ou des nœuds pour sécuriser les bords avant de détacher l’ouvrage du métier.

 

  • L’ennoblissement : Traitement des tissus pour leur donner des propriétés spécifiques. Selon les ateliers, le tissu brut subit des étapes de teinture, de lavage, de brossage ou de traitement thermique pour obtenir la souplesse, la couleur ou la tenue souhaitée.

 

  • Les principaux débouchés:

 

  • Tissus techniques : Renforts en carbone, verre ou aramide pour l’aéronautique, l’automobile, le médical (implants, prothèses) et la protection balistique.
  • Mode et luxe : Soieries, jacquards d’ameublement et textiles haut de gamme.

 

 

 

Métier à tisser (http///benaud.fr)

 

 

Le déroulé du tissage

 

 

Une fois les fils installés sur le métier à tisser, le tissage suit un cycle répétitif pour assembler les fils en tissu.

Même si au fil du temps les technologies ont fortement évoluées et ont permis de passer du tissage à la main à un tissage mécanique et du pilotage manuel à un pilotage informatique, le principe de réalisation d’un tissage reste le même :

  • stockage des fils de chaîne sur l’ensouple arrière, une bobine massive contenant jusqu’à 3000 mètres de fil, déroulés progressivement.
  • les fils sont croisés pour ne pas s’emmêler
  • les fils de chaînes entraînés par les lames (ou harnais) montent ou s’abaissent les fils de chaîne, créant deux nappes séparées formant la foule (espace ouvert pour la trame).
  • le fil de trame (appelé duite) qui va d’un bord à l’autre du tissu est envoyé entre les 2 nappes via la navette, traversant la foule entre les nappes.
  • le peigne oscille vers l’avant pour compacter le fil de trame contre le point de formation du tissu, assurant densité et régularité.
  • le tissu est en cours de formation
  • le tissu est enroulé au fur et à mesure du tissage sur la poitrinière (rouleau magasin), prêt pour finition.

 

 

Les types d’armures

 

 

Les différentes combinaisons d’entrecroisement des fils sont extrêmement nombreuses et portent le nom d’armures. Elles influençant la texture, la résistance et l’apparence du tissu. Ces possibilités sont encore multipliées par l’utilisation simultanée de plusieurs chaînes et/ou de plusieurs trames.

Les trois armures fondamentales sont :

  • Armure toile (ou taffetas): Un croisement alterné un fil sur deux, produisant un tissu régulier, simple et solide, adapté aux draps ou au coton basique, avec une surface mate et uniforme.
  • Armure sergée (ou twill): Un décalage progressif des liaisons formant des diagonales visibles, où un fil de trame passe sous un ou plusieurs fils de chaîne avant de surmonter les suivants ; cela confère robustesse, idéal pour le denim des jeans, avec un effet brillant sur une face.
  • Armure satin: Des flottés longs des fils de chaîne masquant les intersections, créant une surface lisse et brillante d’un côté (couleur de la chaîne) et mate de l’autre (couleur de la trame), utilisée pour la soie ou les tissus luxueux.

Des armures dérivées combinent ces bases pour des effets comme des rayures ou des doubles épaisseurs ; les armures composées combinent plusieurs armures ; les armures factices reposent sur des alternances de couleurs ; et les armures décoratives visent des tissus décorés.

 

 

La situation actuelle de l’industrie textile en France

 

 

En France, comme dans la plupart des anciens pays industrialisés, ce secteur a subi depuis les années 1980 un important déclin face à la mondialisation des marchés, à la concurrence des pays à faibles coûts de main-d’œuvre et aux pressions de l’industrie de l’habillement. La population d’établissements dans le secteur est de moins de 500 unités à ce jour. Les acteurs du secteur se sont pour beaucoup recentrés sur des marchés de niche comme le luxe ou les textiles techniques.

L’industrie textile en France traverse une période de profonde mutation, partagée entre des difficultés structurelles face à la mondialisation et un fort dynamisme dans l’innovation et la relocalisation. Elle se caractérise par une forte spécialisation face à la concurrence internationale, pesant environ 16,5 Milliards d’euros et ses exportations à 12,9 Milliards d’euros et regroupant un peu plus de 2 100 à 2 200 entreprises pour environ 61 000 à 62 000 emplois.,

Poussée par des dispositifs de soutien, une relocalisation s’amorce autour de filières 100 % françaises et du tricotage 3D, bien que la filière de seconde main connaisse également des tensions de saturation. Malgré une dépendance aux importations : Environ 97 % des produits textiles consommés en France sont importés, bien que la demande pour le « Made in France » reste élevée (plus de la moitié des Français se disent prêts à payer plus cher pour une production locale) et la montée en puissance de plateformes internationales (telles que Shein ou Temu) bouscule les acteurs traditionnels et accentue les pressions sur les prix. Face à la concurrence mondiale, plusieurs usines françaises se spécialisent dans le haut de gamme, le « fabriqué en France » certifié, les textiles techniques ou l’économie circulaire et un ancrage local avec de nombreuses unités dans des régions de tradition textile qui allient machines traditionnelles et pilotage numérique.  

Le paysage concurrentiel comprend trois catégories d’acteurs se distinguant selon leurs débouchés principaux : les fabricants de textiles pour la mode et la création (Hermès International, DMC), les spécialistes des textiles à usages techniques automobile, médical, aéronautique (Hexcel, Porcher Industries, Sopatex) et les « multispécialistes » positionnés sur les deux segments, à l’image de Chomarat ou Compagnie Chargeurs Invest.

Après le rebond de 2025, l’industrie textile française reste confrontée à un recul structurel de ses débouchés traditionnels et à de fortes disparités entre activités. La faiblesse de l’habillement et du linge de maison, la concurrence étrangère et les difficultés à rentabiliser certains outils industriels continuent de fragiliser les acteurs, tandis que les textiles techniques bénéficient de marchés plus porteurs dans l’aéronautique, la défense ou la construction. Dans ce contexte, les industriels investissent dans la productivité, les capacités de la filière linière et les produits à plus forte valeur ajoutée, alors que reprises ciblées et défaillances recomposent parallèlement le tissu productif.

 

 

 

Sources :

 

  • www.textileaddict.me/quest-ce-que-le-tissage/
  • www.vehi-mercatus.fr/Linvention-du-metier-a-tisser-une-revolution-dans-lindustrie-textile

 

 

 

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