La préséance en Angleterre
En Angleterre, l’inégalité des diverses classes de la société entre elles est consacrée par la législation. Tout Anglais fait, partie d’une classe ou catégorie spéciale. Des règlements déterminent minutieusement ces rapports obligés entre les supérieurs et les inférieurs. Cet ordre hiérarchique, que l’on appelle precedence (préséance), est scrupuleusement observé dans les grandes solennités officielles : il sert aussi de règle dans des circonstances plus sérieuses, par exemple pour la formation du jury.
Le souverain britannique, qu’il soit un roi ou une reine, apparaît en premier dans l’ordre de préséance. Si le souverain est un homme, sa femme, la reine consort, apparaît en premier dans l’ordre de préséance féminin. L’inverse en revanche n’est pas toujours vrai.
Il varie en fonction de la région (Angleterre et Pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord) et du sexe.
Voici les divers degrés de cette échelle sociale : en d’autres termes, si la nation anglaise passait sous vos yeux comme une procession universelle, c’est dans l’ordre suivant que vous la verriez défiler :
La reine. — Ses enfants. — Ses oncles. — Ses neveux. — Ses cousins. — L’archevêque de Canterbury. — L’archevêque d’York. — Le lord trésorier. — Le lord président du conseil. — Le lord du sceau privé. — Le lord grand chambellan. — Le lord grand connétable. — Le lord maréchal. — Le lord chambellan de la maison de la reine. — Les ducs. — Les marquis. — Les fils aînés des ducs. — Les comtes. — Les fils aînés des marquis. — Les fils puînés des ducs. — Les vicomtes. — Les fils aînés des comtes. — Les fils puînés des marquis. — Le secrétaire d’État (un évêque). — Les barons. — Le président de la chambre des communes. — Les lords commissaires du grand sceau de l’État. — Les fils aînés des vicomtes. — Les fils puînés des comtes. — Les fils aînés des barons.— Les chevaliers de l’ordre de la Jarretière.— Les conseillers privés. — fee chancelier de l’échiquier. — Le chancelier du duché de Lancastre. — Le chef de justice (président) du banc de la reine. — Le garde des registres de la chancellerie (master of rolls). —Le chef de justice (président) des plaidoyers communs. — Le grand baron de l’échiquier. — Les vice – chanceliers. — Les juges et barons de la coif (juges des trois cours supérieures). —Les chevaliers bannerets. — Les fils puînés des vicomtes.— Les fils puînés des barons. —Les baronnets.—Les chevaliers du bain. — Les fils aînés des baronnets. — Les fils aînés des chevaliers. —- Les colonels. — Les avocats (serjeants at law). — Les docteurs (en droit canon). — Les avoués (barristers at law).— Les esquires (1). — Les gentlemen. —Les yeomen (2). — Les tradesmen ou commerçants. — Les artificerts ou artisans. — Les labourers ou journaliers, hommes de peine.
Les femmes mariées et les veuves observent entre elles les mêmes règles de préséance.
La liste de préséance sert aussi de régulateur aux shériffs pour dresser les listes du jury.
Dans le jury commun, on comprend tous les rangs.
Dans le jury spécial, on n’admet pas les quatre dernières classes de la société, c’est-à-dire que les yeomen, les commerçants, les artisans et les journaliers, n’ont pas le droit d’en faire partie. On n’accorde cet honneur ou cette marque de confiance qu’aux deux degrés supérieurs, à la nobility (la noblesse) et à la gentry (la haute bourgeoisie).
(1) Le titre d’esquire s’est successivement étendu à un grand nombre de personnes, et pour ainsi dire à toutes celles que l’on considère comme composant la haute bourgeoisie, entre autres les hommes de lettres, les personnes vivant de leurs rentes, les banquiers, et les négociants ou hauts commerçants.
(2) Un yeoman est le possesseur par héritage d’un immeuble qui, en revenu, excède 2 livres sterling (50 francs).