Sommaire
ToggleLa mansio
Une mansio (pluriel : mansiones) est un gîte d’étape situé le long d’une voie romaine à l’époque de l’Empire romain. Le terme dérive du verbe manere, signifiant s’arrêter, rester.
Gérées par l’administration centrale, les mansiones étaient mises à la disposition des dignitaires et des officiels. Le but de ses structures était de garantir aux voyageurs officiels un service confortable dans un établissement destiné au repos. La mansio était sous la direction d’un officier dit mansionarius.
Les grandes voies de communications terrestres, construites d’abord dans l’empire perse, étaient jalonnées de haltes chaque 15 ou 18 milles pas, distance correspondant à un jour de voyage, et aménagées de caravansérails ou khan comme on en trouve encore en Orient. Selon Hérodote, il y en avait 111 sur la route de Sardes, en Asie Mineure, à Suse (Élam), en Perse.
Sur les routes romaines la distance entre mansiones était analogue à celle des routes de l’empire perse. À l’origine, elles étaient appelées castra, étant probablement de simples lieux de campement refermés par des tranchées de terre. Avec le temps, elles deviennent non seulement des casernes et des dépôts de provisions (horrea) pour les légions, mais aussi de grands édifices pour l’accueil des voyageurs de haut rang. Dans ces endroits, les cisiarii proposaient à la location ou pour porter à destination des dépêches gouvernementales des chars à deux roues (cisia) ou à quatre roues (essea).
Pour satisfaire les autres équipages de voyageurs, d’autres formes d’hébergement de nature privée se développèrent :
les cauponæ accueillaient les voyageurs ordinaires. De qualité inférieure aux mansiones, elles étaient souvent douteuses et malfamées.
d’une qualité d’accueil supérieure, les tabernæ (auberges) étaient destinées à une clientèle patricienne. Avec l’expansion de l‘empire romain, elles se diffusèrent aussi, mais toutes n’étaient pas de bonne réputation. Une des meilleures auberges était la Tabernæ Caediciæ à Sinuessa sur la via Appia. Elle offrait un grand choix de marchandises avec outres de vins, fromages et jambons.
Dans l’Antiquité romaine, les mutationes étaient des postes de relais routier sur les voies romaines. Distantes de 10 à 15 kilomètres, les mutationes permettaient de s’abreuver ou de changer de monture. On pouvait y louer les services des charretiers, maréchaux-ferrants et des equarii Medici (vétérinaires). L’empereur Tibère, utilisant ces haltes pour un relais de char, réussit à couvrir en seulement 24 heures les 500 milles séparant l’Illyrie (côte est de l’Adriatique) de Mogontiacum (Mayence) où son frère Nero Claudius Drusus agonisait pour une gangrène à la suite d’une chute de cheval. Toutes les trois mutationes, soit environ tous les 30 à 45 km, on trouvait une mansio, lieu d’étape bien équipé et permettant éventuellement d’y passer la nuit. On y trouvait une auberge pour le repas, un service d’écuries – le stabulum – pour le repos des montures, un maréchal-ferrant, voire un charron chargé de l’entretien des véhicules.
L’Anonyme de Bordeaux, ou Itinerarium burdigalense est un itinéraire datant de Constantin Ier. Il mentionne dans l’ordre les mansiones de Bordeaux à Jérusalem avec les mutationes intermédiaires, et autres sites importants : civitates, vici, et castella. Les distances entre lieux consécutifs sont données en lieues gauloises puis en milles romains.
Plan d’une mansio
Reconstitution illustrée d’une mansio
La mutatio
Dans l’Antiquité romaine, une mutatio est un relais routier sur les voies romaines. Distantes de 10 à 15 kilomètres, les mutationes permettaient de s’abreuver ou de changer de monture.
Toutes les trois mutationes, soit environ tous les 30 à 45 km, on trouvait une mansio, lieu d’étape bien équipé et permettant éventuellement d’y passer la nuit. On y trouvait une auberge pour le repas, un service d’écuries – le stabulum – pour le repos des montures, un maréchal-ferrant, voire un charron chargé de l’entretien des véhicules.
Les rues des villes romaines
Selon Isidore, les Carthaginois ont été les premiers qui aient pavé leur ville avec des pierres; ensuite, à leur imitation, Appius Claudius Cæcus fit paver les rues de Rome, 188 ans après l’expulsion des Turquins.
Sous les empereurs, le système de pavement était arrivé à un degré de perfection que ne paraissent avoir encore dépassé ni Londres ni Paris (en 1837).
Comme les témoignages visibles sont préférables à toutes les indications tirées par interprétation des auteurs, c’est encore à Pompéi qu’il faut se transporter pour comparer les analogies entre l’industrie antique et l’industrie moderne.
Les rues de Pompéi sont pavées de larges morceaux de lave, irréguliers, mais parfaitement unis et assemblés avec art. Lorsqu’aux points de jonction la lave se brisait ou se séparait, on comblait les intervalles et l’on scellait les fragments avec des chevrons de fer. On trouve des vestiges de ce mode de réparation dans tous les quartiers de la ville.
Les sillons des roues sont encore marqués en sens divers dans les rues, et ont, en quelques endroits, jusqu’à 27 cm de profondeur. Dans les rues étroites où il y avait place seulement pour un char, les roues suivaient des ornières.
Il y avait des trottoirs dans toutes les rues. Parmi ces trottoirs, les uns étaient en terre battue, d’autres étaient pavés de lave ou d’une mosaïque en brique. Ils s’élevaient à trente centimètres environ au-dessus de la chaussée, et étaient protégés par des bornes et par des bordures en saillie.
Dans les rues étroites, on enjambait d’un trottoir à l’autre, comme l’on saute un fossé. Aux carrefours des rues plus larges, il y avait sur la chaussée des bornes plates de la même hauteur que les trottoirs. C’étaient des espèces de marchepieds à l’usage des’ piétons, pour passer d’un côté de la rue à l’autre sans marcher sur la chaussée. On évitait ainsi à la fois la poussière, la boue, et la fatigue de descendre et de monter les trottoirs.
Cette commodité accordée aux gens à pied nuisait fort peu aux gens à équipages. En effet, presque toutes les voitures étaient à deux chevaux (on les appelait biga), et le marchepied n’occupait pas plus d’espace que l’intervalle qui séparait les pieds des chevaux et les roues.
![]()