ULRIC GERING,PREMIER IMPRIMEUR EN FRANCE

« Manipulus curatorum »  de Guido de Monte Rochen imprimé à Paris

par Ulrich Gering, le 4 Juin 1478.



Ulric Gering, le plus célèbre de trois imprimeurs qui peuvent être considérés comme les pères de la typographie française.

Ce fut en 1469, que Géring originaire de Beromünster au diocèse de Constance, arriva de Mayence à Paris, avec Martin Crantz et Michel Friburger, pour y fonder, dans les bâtiments de la Sorbonne, au cloître Saint-Benoît, la première Imprimerie que la France ait eue.

La France voit apparaître l’imprimerie directement dans la capitale et dans un lieu symbolique : le collège de Sorbonne et plus particulièrement la puissante faculté de théologie. Le Savoyard Guillaume Fichet (1433-1480), socius de la Sorbonne, docteur en théologie en 1469, et le Rhénan Jean Heynlin (ou de Lapide ou de La Pierre), également docteur en théologie et alors prieur de Sorbonne, obtiennent l’autorisation du roi Louis XI d’y établir un atelier d’imprimerie. Ayant fait venir en 1469, en leur demandant d’apporter leurs moules à fondre les caractères et leurs boîtes de poinçons, les trois typographes allemands, Michael Friburger, Ulrich Gering et Martin Crantz, ils établissent un programme d’éditions destinées à fournir des textes corrects aux étudiants. C’est à l’été ou à l’automne 1470 que l’atelier de la Sorbonne (Ulrich Gering, Martin Crantz et Michael Friburger) imprime son premier livre. Suivent Lyon en 1473, Albi en 1475, Toulouse et Angers en 1476, Genève (pour la Suisse francophone) en 1478, Vienne en Dauphiné vers 1478. En tout, une trentaine de villes avant la fin du siècle, parfois de simples villages (Bréhan-Loudéac en Bretagne en 1484, Goupillères en Normandie en 1491).

Eu 1473, les trois associés quittèrent la Sorbonne pour s’établir rue Saint-Jacques, à l’enseigne du Soleil d’Or, auprès du passage Saint-Benoît.

Vers 1477, Crantz et Friburger s’étant retirés, Géring dirigea seul l’établissement qu’il transféra rue de Sorbonne en l’année 1483.

En 1494, il s’associe avec Berthold Rembolt, jeune maître ès arts, qui tient désormais les rênes de l’atelier du Soleil d’Or. Gering se retire du métier en 1508. Il meurt à Paris le 23 août 1510, après avoir exercé son art pendant quarante ans. Après sa mort, son atelier restera en activité, administré par Berthold Rembolt (qui mourra en 1518), puis par sa veuve Charlotte Guillard et par Claude Chevallon.

Ulric Géring était le bienfaiteur du collège Montaigu ; il lui avait légué, ainsi qu’au collège de Sorbonne, à la charge d’entretenir gratuitement un certain nombre de pauvres écoliers, une partie de la fortune qu’il avait acquise à Paris dans l’exercice de sa profession. Il put disposer librement de ses biens, ayant été affranchi du droit d’aubaine par les lettres de. naturalité que Louis XI lui avait accordées eu 1474, ainsi qu’à ses deux associés.

 

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