ÉTAT DES REVENUS DE L’ÉGLISE DE FRANCE A LA FIN DU XVIIe SIÈCLE

 

L’Église romaine de France, autrement l’Église gallicane, est nantie :

De quatorze archevêchés ou primaties, qui sont : Lyon, Sens, Rouen, Auch, Arles, Tours, Bourges, Reims, Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Aix, Vienne et Paris;

Sous lesquels archevêchés est contenu le nombre de quatre-vingt-quinze évêchés garnis de cent vingt mille cures ou paroisses; et outre le nombre des paroisses, se trouvent quatorze cent cinquante-six abbayes, douze mille quatre cents prieurés, deux cent six commanderies de Malte ;

Cent cinquante-deux mille chapelles ayant toutes chapelain , sans comprendre les abbayes des religieuses qui sont au nombre de cinq cent soixante et sept.

En outre, se trouvent sept cents couvents de Cordeliers, sans comprendre les Jacobins, Carmes, Augustins, Bonshommes, Célestins, Chartreux, Jésuites et autres pauvres religieux, desquels le nombre est de quatorze cent soixante et sept mille.

Lesquels ecclésiastiques tiennent ensemble et possèdent neuf mille places, châteaux et maisons, ayant haute, moyenne et basse justice.

Sont fournies Lesdites places et châteaux de deux cent quarante-neuf mille métairies et dix-sept mille arpents de vigne qu’ils font en leurs mains ou baillent à ferme; en ceci non compris quatre mille arpents de vigne où ils prennent le quart.

Partant, il se trouvera que ladite Église a de revenu par an, en deniers comptants et clairs, la somme de quatre-vingt-douze millions d’écus ;

Sans comprendre les réservations qu’ils font dans leurs baux à ferme, qui se montent à douze millions cinq cent mille écus.

Somme toute de ce qui est de revenu, tant en deniers clairs qu’en réservation, cent trois millions cinq cent mille écus par an.




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