LE PLUS ANCIEN ACTE DE L’AUTORITÉ ROYALE EN FRANCE

Les archives des anciens monastères on conservé plusieurs actes de Clovis, mais tous falsifiés, à l’exception d’un seul dont l’original en papyrus existait du temps de Louis XIII, à l’abbaye de Saint-Mesmin, prés d’Orléans. Des copies dignes de foi on conservé le texte de cette pièce précieuse écrite en latin. Elle contient la donation du fonds même sur lequel l’abbaye fut érigée, donation faite par Clovis à deux prêtres de Verdun qu’il avait sauvés et retenus auprès de lui, lors du sac de cette ville. Ces deux prêtres, qui étaient l’oncle et le neveu, s’appelaient Euspicius ou Euspice, et Maximin ou Mesmin. Tous deux ont été mis au rang des saints, et le dernier a donné son nom à la terre où les établit le roi des Francs, laquelle portait auparavant le nom de Micy. Voici la traduction de l’acte, dont on place la date à l’an 504 environ :

« Chlodovée (c’est l’équivalent calqué sur la forme latine du nom de Clovis), roi des Francs, homme illustre (ce titre d’homme illustre (vir inluster) est celui que portaient les fonctionnaires de premier ordre dans l’empire romain ), à toi, vénérable vieillard Euspice, et à ton cher Maximin, afin que vous, aussi bien que ceux qui vous succéderont dans votre saint propos, puissiez, par vos prières, obtenir de la miséricorde divine notre conservation et celle du notre épouse bien-aimée et de nos fils : nous vous concédons Micy avec toutes les choses de notre domaine qui sont situées entre le cours des deux rivières ( de Loire et de Loiret), et nous vous en mettons matériellement en possession par le symbole du pain bénit et de l’anneau que nous déposons en vos mains sans aucune réserve, sans que vous ayez à payer jamais aucuns tributs, octrois fluviatiles, ni exactions, soit sur les eaux, soit sur les berges de la Loire et du Loiret, sans que les plants de chênes, ni ceux de saules, ni les deux moulins de Micy soient exceptés. Quant à toi, pieux Eusèbe, évêque de la religion catholique (il s’agit ici de l’évêque d’Orléans, que le roi fait intervenir parce que Micy était de son diocèse), réchauffe la vieillesse d’Euspice, protège Maximin, empêche qu’on ne leur fasse tort ni violence, à eux non plus qu’aux biens qu’ils possèdent dans ton diocèse ; car il ne faut pas que mal arrive à ceux qu’honore l’affection des rois. Faites-en autant, vous tous, les autres évêques de la religion catholique. Et vous Euspice et Maximin, cessez d’être étrangers au milieu des Francs, et tenez à l’avenir pour votre patrie les possessions que nous vous donnons au nom de l’indivisible, une et consubstantielle Trinité.

Moi, Chlodovée, j’ai voulu qu’il fût ainsi.

Eusèbe, évêque, ai confirmé. »

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